Des combattants afghans anti-Taliban se dirigent vers la ligne de front pour une offensive contre Al-Qaïda à Tora Bora, le 8 décembre 2001. Photo ROMEO GACAD / AFP
Le porte-parole du gouvernement taliban a défendu mercredi à Kaboul la récente interdiction des manifestations dans tout l'Afghanistan, très critiquée par les ONG de défense des droits humains, estimant qu'elle est « en accord avec la loi islamique ». Les manifestations sont très rares depuis le retour des autorités talibanes au pouvoir, il y a un peu plus de cinq ans, mais une loi sur l'action de la police publiée fin août stipule désormais que « tout type de manifestation (de protestation, ndlr) est interdit ».
« Cette loi est adaptée à la situation de l'Afghanistan », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Zabihullah Mujahid, lors d'une conférence de presse, en réponse à une question de l'AFP. « Elle est en accord complet avec la loi islamique », a-t-il soutenu, ajoutant : « les protestations relèvent de sociétés où il y a des lois différentes, par exemple une démocratie ou une République ».
Les autorités talibanes gouvernent en vertu d'une application ultra-rigoriste de la loi islamique. Dans ce « système, s'il y a une protestation saine », les personnes peuvent approcher plusieurs départements pour relayer leur mécontentement », a affirmé M. Mujahid, ce qui, selon lui, « permet aux gens de ne pas perdre de temps (...) et d'éviter le chaos » en manifestant.
Jeudi dernier, l'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch avait estimé que l'interdiction des manifestations « marque un pas supplémentaire dans les efforts impitoyables des talibans de supprimer toute dissidence ». Pour Amnesty International, cette loi sur la police est « une attaque de plus contre les droits humains en Afghanistan », l'interdiction de manifester constituant « l'une des mesures les plus choquantes ».

