Un homme marche près de la mosquée Ahmadi, considérée comme l'une des plus anciennes mosquées du quartier de Maïdan, dans le centre de Bagdad, le 27 août 2026. Photo AHMAD AL-RUBAYE / AFP
La justice irakienne a annoncé mardi avoir terminé les interrogatoires de plus de 5.700 personnes soupçonnées d'être des membres du groupe jihadiste Etat islamique (EI). Ces suspects avaient été transférés au début de l'année depuis la Syrie voisine, où l'EI avait pris le contrôle de vastes territoires à partir de 2014, avant d'être défait. Le Conseil supérieur de la magistrature irakien a indiqué avoir achevé « la phase des interrogatoires » de 5.704 personnes soupçonnées d'appartenir à l'EI, qui vont désormais être jugées. Les enquêtes ont permis d'identifier plusieurs commandants de l'organisation, dont de hauts responsables, impliqués dans des « crimes à l'échelle internationale », selon cette source.
Six personnes sont soupçonnées d'avoir réduit en esclavage des membres de la minorité yazidie, qui a subi des atrocités de la part du groupe. Ces milliers d'hommes étaient détenus depuis plusieurs années dans des camps en Syrie gérés par les forces kurdes, fer de lance de la lutte contre l'EI. En janvier, lorsque les combattants kurdes se sont retirés de vastes territoires du nord du pays sous la pression de l'armée syrienne, les Etats-Unis avaient commencé à transférer en Irak les détenus, originaires de 67 pays.
Le Conseil supérieur de la magistrature a précisé que, sur les plus de 5.700 détenus, figuraient 3.497 Syriens et 474 Irakiens. Les autres sont des ressortissants étrangers, notamment originaires de pays européens et arabes. D'après la même source, 457 Syriens doivent être remis à leur pays après que les investigations n'ont fait apparaître aucun élément justifiant des poursuites. En avril, l'Irak avait remis deux détenus originaires de Finlande et des Etats-Unis à leurs pays respectifs après avoir établi qu'ils n'avaient pas été membres de l'EI.
Les tribunaux irakiens ont prononcé des centaines de condamnations à mort et de peines de prison à perpétuité contre des personnes reconnues coupables de « terrorisme », y compris des centaines de combattants étrangers de l'EI. A la faveur de la guerre en Syrie (2011-2024), le groupe jihadiste s'était emparé de vastes pans de territoire dans ce pays ainsi qu'en Irak. Accusé de multiples exactions, il a été vaincu en 2017 en Irak et en 2019 en Syrie, avec l'appui de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

