Une photo prise le 31 mai 2015 montre des drapeaux irakiens flottant devant un réservoir de pétrole au terminal de stockage d'Al-Fao (ou Al-Faw), situé sur la péninsule d'Al-Fao, dans le sud de la province irakienne de Bassora. Photo Haidar Mohammed Ali / AFP
L'Irak a condamné à sept ans de prison un haut responsable du secteur pétrolier visé par des sanctions américaines, arrêté dans le cadre d'une campagne anticorruption, a annoncé dimanche l'organisme irakien de lutte contre la corruption.
Le vice-ministre du Pétrole chargé de la distribution, Ali al-Bahadli, avait été arrêté en juin lors d'un coup de filet anticorruption.
La Commission pour l'intégrité, un organe gouvernemental destiné à lutter contre la corruption, a indiqué dans un communiqué qu'un tribunal anticorruption l'avait condamné à sept ans de prison pour « enrichissement illicite ».
Le jugement lui impose également de restituer à l'Etat une somme de plus de 20 millions de dollars correspondant aux gains mal acquis, ainsi que de payer une amende du même montant.
Les Etats-Unis avaient imposé en mai des sanctions à Ali al-Bahadli, jugeant qu'il avait « abusé de ses fonctions gouvernementales pour détourner du pétrole irakien en faveur du régime iranien et de ses supplétifs terroristes ».
En juin, M. Bahadli avait été arrêté avec des dizaines d'autres responsables, dont des députés, dans le cadre d'une campagne du nouveau Premier ministre Ali al-Zaïdi contre la corruption qui gangrène le pays depuis des décennies.
Selon des responsables irakiens, cette opération visait également à lutter contre le financement des groupes armés pro-iraniens et la contrebande de pétrole iranien.
L'Irak subit une pression croissante des Etats-Unis pour réduire l'influence de Téhéran et contenir les groupes armés soutenus par l'Iran, que Washington considère comme des organisations terroristes.
Arrivé au pouvoir en mai avec le soutien des Etats-Unis, M. Zaïdi s'est engagé à faire pression sur ces groupes pour qu'ils remettent leurs armes à l'Etat.
En Irak, la corruption est particulièrement répandue au sein des institutions publiques, mais les condamnations visent généralement des responsables de rang intermédiaire ou des acteurs de moindre importance, et rarement les plus hauts échelons du pouvoir.

