Des membres de la Défense civile lors des opérations d’extinction de l’incendie aux abords de la forêt de cèdres de Tannourine, au Liban-Nord, le 24 août 2026. Photo Défense civile
L’important incendie qui s’était déclaré lundi aux abords de la forêt de cèdres de Tannourine, au Liban-Nord, a été maîtrisé après plusieurs heures de lutte contre les flammes, a annoncé mardi la Défense civile. Les opérations de refroidissement et de surveillance se sont poursuivies jusqu’au matin à 3h dans une zone particulièrement escarpée et difficile d’accès, avant que les équipes ne quittent les lieux après s’être assurées qu’aucun foyer ne subsistait.
Le feu avait pris dans des champs agricoles sur le versant opposé à la réserve, du côté de Hadath el-Jebbé, selon l’entomologiste Nabil Nemr, membre du comité de la réserve de Tannourine et responsable des recherches scientifiques autour du site. Une vallée séparait le foyer de l’incendie de la cédraie, mais le vent faisait craindre lundi une propagation des flammes vers la réserve. Selon le scientifique, le sinistre pourrait avoir été provoqué par des herbes sèches brûlées par des agriculteurs dans leurs champs. La Défense civile a indiqué mardi que des équipes provenant d’une dizaine de centres avaient participé aux opérations d’extinction, avec l’appui du deuxième régiment d’artillerie et des hélicoptères de l’armée libanaise. Le relief particulièrement accidenté avait compliqué l’accès aux différents foyers. Les équipes sont finalement parvenues à encercler les flammes et à empêcher leur propagation vers la réserve de cèdres de Tannourine et les espaces environnants.
Un secouriste blessé
Un secouriste de la Défense civile a par ailleurs été blessé et souffre de fractures après l’explosion d’une ancienne mine datant de la guerre pendant les opérations d’extinction. Il a été transporté à l’hôpital pour y recevoir des soins. Selon un autre communiqué de la Défense civile publié la veille, la déflagration de la mine a été déclenchée par la chute d’un rocher. C'est au niveau de la forêt d’« Arz al-Bilad » que se trouvait une des principales lignes de front de la guerre de deux ans, en 1975-1976, au début de la guerre civile. Le secteur avait alors été lourdement miné, et si l'armée et l'ONG Mines Advisory Group ont entrepris plusieurs opérations de déminage afin d’y ouvrir des passages sécurisés, toutes les mines n’ont pas encore été retirées.
La réserve se trouve à la jonction de Tannourine, dans le caza de Batroun, et Hadath el-Jebbé, dans celui de Bécharré, à environ 1 500 mètres d'altitude. Elle abrite l’une des plus grandes cédraies du Liban et se caractérise par un important taux de régénération des cèdres. Elle a été attaquée ces dernières années par un insecte ravageur qui a nécessité des plans de gestion et de protection des arbres, symboles du pays. Couvrant plus de 12 km2, elle fait partie des 14 réserves officiellement reconnues par le ministère de l'Environnement.
Plusieurs feux de forêt se sont déclarés ce mois-ci à travers le Liban, notamment dans le Nord, en raison de températures élevées, de vents soutenus et de la sécheresse. En 2022, des incendies avaient déjà menacés la réserve de Tannourine. Les pompiers et la Défense civile tirent régulièrement la sonnette d'alarme concernant le manque de moyens à leur disposition pour lutter contre les sinistres, alors que la saison des incendies ne fait que commencer. La saison des pluies ne devrait commencer qu'à partir de la mi-octobre.

