Des navires près du détroit d'Ormuz, vus depuis Musandam, Oman, le 24 août 2026. Photo REUTERS/Stringer
Le gouverneur de la Banque centrale d'Iran, Abdolnaser Hemmati, a déclaré lundi que la dépréciation de la monnaie nationale face aux devises étrangères était « temporaire », alors que la valeur du rial iranien continue de s'effondrer.
Les hausses des devises étrangères « sont temporaires, c'est-à-dire qu'elles fluctuent », a affirmé M. Hemmati, dans une vidéo diffusée par la télévision d'État. « Ces chocs (économiques) qui sont créés relèvent pour l'essentiel de la propagande politique américaine », a-t-il ajouté, s'affirmant certain que « la situation va s'améliorer et que les problèmes seront résolus ».
Il s'est exprimé alors que le rial se négociait lundi sur le marché noir à plus de 2 millions pour un dollar américain, selon des sites qui suivent ces cours, et avant l'annonce détaillée par Washington d'une campagne de pression économique à l'encontre de l'Iran, attendue dans la journée.
Officiellement, l'Iran applique des taux de change fixes, mais les sources en ligne sont généralement utilisées comme référence pour les taux non officiels.
Juste avant la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par une offensive israélo-américaine contre Téhéran le 28 février, un dollar s'échangeait contre 1,65 million de rials. « Nous ne pouvons pas remettre en cause tout notre chemin sur la base d'une fluctuation temporaire provoquée par ces attaques de propagande », a ajouté le gouverneur, estimant que les États-Unis ne pouvaient « pas imposer davantage de sanctions contre l'Iran », déjà visé depuis des décennies par des sanctions américaines et internationales.
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a annoncé pour lundi, dans une tribune publiée dans le Financial Times, un « D-Day économique » - en référence au Débarquement allié de 1944 en France - visant à couper les dernières « lignes de survie » de l'Iran, alors que Washington poursuit son blocus des ports iraniens, face au verrouillage par Téhéran depuis le début de la guerre du stratégique détroit d'Ormuz.
« Il s'agira de la plus vaste campagne d'isolement économique coordonnée de l'histoire mondiale », a affirmé M. Bessent, qui doit détailler les mesures américaines dans une conférence de presse dans la journée.

