Navires près du détroit d'Ormuz, vus depuis Musandam, à Oman, le 17 août 2026. Photo d'archives REUTERS/Stringer
L’Iran a dénoncé samedi les projets américains de nouvelles sanctions en vue d'exercer une pression supplémentaire sur l’économie de la République islamique et affecter ses partenaires commerciaux les plus importants, dont la Chine. Après quelque six mois de guerre, les deux camps ne s'affrontent plus militairement, mais ne montrent pour autant aucun signe de vouloir engager des pourparlers de paix.
Les expéditions de pétrole sont pratiquement à l'arrêt dans le détroit d'Ormuz, Téhéran menaçant de frapper tout pétrolier non autorisé qui tenterait d'emprunter cette voie maritime stratégique, tandis que l'économie iranienne subit déjà une pression considérable liée aux sanctions. Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent doit tenir une conférence de presse lundi à 14h (18h GMT) après avoir menacé l'Iran de « sanctions les plus sévères de l’histoire ». Il a également appelé la Chine, qui achète plus de 80 % du pétrole exporté par l’Iran, selon des données 2025 du cabinet d’analyses Kpler, à coopérer avec Washington. Pékin, de son côté, plaide pour la diplomatie.
Le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a déclaré samedi que l’annonce imminente de nouvelles sanctions américaines constituait une « affirmation de souveraineté extraterritoriale sur chaque État membre indépendant des Nations unies ». « De telles sanctions secondaires ne trouvent aucun fondement dans le droit international », a-t-il écrit dans un message sur X.
Le chef d’état-major des forces armées iraniennes, le général de division Ali Abdollahi, avait promis vendredi que l’Iran répondra militairement aux menaces ennemies par des ripostes « écrasantes, punitives et dévastatrices ».
Trafic en berne à Ormuz
Alors que les États-Unis maintiennent un blocus de fait sur les navires iraniens dans leurs ports, le détroit d'Ormuz reste engorgé, avec des milliers de marins bloqués à bord de centaines de navires. Seuls quatre navires marchands ont traversé le détroit jeudi, aucun d'entre eux n'étant un grand pétrolier brut ou un méthanier, selon des données de suivi maritime. Cependant, l'Iran a autorisé le passage d'un certain nombre de pétroliers irakiens par le détroit, à la suite de demandes répétées de Bagdad, a rapporté samedi l'agence de presse officielle iranienne Irna. L’agence a indiqué que l’obtention d’autorisations spéciales pour les pétroliers irakiens figurait parmi les principales requêtes de Bagdad au cours d’une visite en Irak du président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Le secrétaire américain à l’Énergie Chris Wright a fait savoir que l’armée américaine avait permis le passage d’une moyenne sur sept jours de 8 millions de barils par jour de pétrole dans le détroit. Un chiffre en forte baisse par rapport aux plus de 20 millions par jour avant la guerre, soit environ un baril sur cinq consommé dans le monde. Les frappes américaines ont durement affaibli l’économie iranienne et dévasté sa marine et sa force aérienne, mais Téhéran conserve suffisamment de capacité en missiles et drones pour entraver le trafic pétrolier et attaquer ses rivaux régionaux.
Ali Abdollahi, le chef d’état-major des forces armées, a tenu à mettre en avant les capacités balistiques de l’Iran au cours d’une visite dans une usine souterraine de fabrication de missiles balistiques, rapportée samedi par la télévision d’État. « Cette usine a été en mesure, bien mieux que par le passé, de produire des équipements supérieurs à la fois en termes de capacités, de qualité et de quantité », a-t-il déclaré.
M. Ghalibaf a a affirmé de son côté que Téhéran avait reçu « de nombreux messages » de pays voisins au sujet de la mise en place de nouveaux dispositifs de sécurité régionale et de coopération économique, sans préciser à quels pays il faisait référence. Il a accusé les États-Unis de mettre en danger la sécurité de leurs alliés dans la région au profit d'Israël, ajoutant qu'un ordre régional indépendant et « autochtone » garantirait paix et sécurité.
Si l’Iran reste méfiant, son président Massoud Pezeshkian a néanmoins appelé à une solution diplomatique. « Il vaudrait mieux mettre fin à la guerre aujourd'hui, alors que nous sommes en position de force, que le monde entier reconnaît notre victoire et souligne que l'Amérique, en violation de toutes les règles, a attaqué nos écoles, nos hôpitaux et nos infrastructures, et qu'elle est haïe dans le monde », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par l'agence de presse ISNA.
Cette information est la traduction d'une dépêche diffusée par l'agence Reuters.

