Le commandant en chef de l'armée, le général Rodolphe Haykal, lors d'une cérémonie en hommage aux soldats tués au combat au ministère de la Défense, à Yarzé, le 31 juillet 2026. Capture d'écran d'une vidéo diffusée sur le compte X de l'armée libanaise
Le président Joseph Aoun a rendu hommage vendredi aux soldats tués dans l'exercice de leurs fonctions, à l'occasion de la commémoration annuelle des « martyrs de l'armée libanaise », assurant que « leur souvenir nous guidera vers la construction de la nation ». Ses propos interviennent à la veille du 81e anniversaire de la troupe, chargée de la mission aussi cruciale que délicate de se déployer et de désarmer le Hezbollah dans les zones pilotes définies par l'accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël.
« Nous nous recueillons devant la mémoire des martyrs de notre armée, qui ont donné leur vie pour la souveraineté du Liban, l'unité de son pays et la dignité de son peuple. Ces hommes croyaient que la patrie méritait le sacrifice ultime et ont donc suivi le chemin du devoir sans hésiter, écrivant de leur sang les pages les plus pures de l'héroïsme et du patriotisme », a déclaré le chef de l’État. « En cette occasion, j'affirme devant les familles des martyrs et devant tous les Libanais que l'État demeure fidèle à son engagement, déterminé à prendre soin des familles des martyrs et à préserver leur mémoire. Leur souvenir nous guidera dans notre marche vers la construction de la nation et le soutien de son institution militaire, qui incarne l'unité de tous les Libanais », a poursuivi Joseph Aoun.
« Les martyrs de l'armée libanaise ne sont pas de simples chiffres voués à l'oubli, mais un symbole vivant de loyauté et d'altruisme, un exemple à suivre pour chaque soldat qui porte aujourd'hui l'uniforme militaire pour défendre les frontières de la nation, ses institutions et la sécurité de ses citoyens. Leur mémoire est un héritage précieux et notre gratitude envers eux ne peut être complète qu'en préservant les valeurs pour lesquelles ils sont morts en martyrs : un Liban libre, souverain et indépendant », a déclaré le président.
M. Aoun, qui a été commandant en chef de l'armée avant d'accéder à la présidence, avait affiché son soutien à l'institution militaire au cours de sa rencontre avec Donald Trump le 22 juillet, appelant Washington à poursuivre son soutien à la troupe, « seule véritable institution nationale bénéficiant de la confiance de tous les Libanais ».
« Notre mission est de garantir l’existence même de l’État »
L'armée libanaise s'apprête à célébrer samedi son 81ᵉ anniversaire. A cette occasion, le général Rodolphe Haykal a déposé vendredi une gerbe de fleurs au monument aux victimes de l'armée, au ministère de la Défense nationale, « en hommage à leur mémoire et en reconnaissance des sacrifices qu'ils ont consentis pour défendre le Liban », selon un communiqué auquel était joint un court diaporama. La cérémonie s'est déroulée en présence de plusieurs officiers et des chefs des différents services du commandement de l'armée.
Le commandant en chef de l’armée a poursuivi sa tournée d'inspection plusieurs unités déployées dans le Sud, notamment celle du deuxième régiment d’intervention à Zahrani, où il s’est informé de la situation des unités, de leurs missions et des difficultés auxquelles elles sont confrontées.
Il s’est ensuite rendu à Zaoutar el-Gharbiyé, où il a été accueilli par le président de la municipalité, avant de rencontrer les habitants, écouté leurs préoccupations et pris connaissance des obstacles entravant leur retour dans le village.
Au cours de sa tournée, le général Haykal a affirmé que « l’armée poursuivra ses missions visant à consolider la sécurité et à créer les conditions propices au retour des habitants, en coordination avec les autres institutions de l’État ». S’adressant aux militaires, il a déclaré : « Ce que nous accomplissons n’est pas une simple mission. Il en va de l’existence même de l’État, de la sécurité et de la stabilité du pays, ainsi que de la tranquillité des citoyens. » Il a également présenté ses condoléances aux familles des militaires tués, soulignant que « l’institution reste fidèle à leur mémoire et à leurs familles, et apprécie leurs sacrifices au service de la patrie ».
Comme cela avait été le cas la veille, de hauts responsables ainsi que des personnalités politiques et religieuses ont rendu hommage à l'armée. « L'armée libanaise est le pilier de l'État, la gardienne de sa souveraineté et la garantie autour de laquelle se rassemblent les Libanais. En ce jour anniversaire, nous comptons sur son rôle pour étendre l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire, à commencer par le Sud, et pour consolider la sécurité et la stabilité. Tout notre salut à l'armée libanaise, l'armée de la patrie », a notamment déclaré, dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur Ahmad Hajjar.
L'archevêque melkite grec-catholique de Ferzol, Zahlé et la Békaa, Mgr Ibrahim Mikhaïl Ibrahim, a pour sa part affirmé que « l'armée demeurera l'institution nationale fédératrice autour de laquelle se rassemblent tous les Libanais, ainsi que le principal pilier de la protection de la patrie et de la préservation de sa souveraineté, de son unité et de son indépendance ».

