Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (à droite), issu de l'extrême droite, s'entretient avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Knesset, lors d'une séance du Parlement israélien à Jérusalem le 16 juillet 2026, avant le début de la suspension des travaux parlementaires précédant les élections législatives du 27 octobre. Photo d'Ilia Yefimovich / AFP
Le ministre israélien de la Police, Itamar Ben-Gvir, figure de l'extrême droite, s'est rendu jeudi sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem – un site hautement sensible – et a salué les visiteurs juifs qui, selon lui, y avaient prié en violation des dispositions réservant la prière aux seuls musulmans.
Sa visite a suscité la condamnation de la Jordanie et des responsables palestiniens, selon Reuters.
Situé dans la vieille ville fortifiée de Jérusalem, ce complexe est l'un des sites les plus sensibles du Proche-Orient. Connu des juifs sous le nom de « mont du Temple », c'est le lieu le plus sacré du judaïsme, mais aussi le troisième lieu saint de l'islam.
En vertu d'un arrangement délicat et ancien conclu avec les autorités musulmanes, le site est administré par une fondation religieuse jordanienne : les juifs peuvent le visiter, mais n'ont pas le droit d'y prier.
Les allégations selon lesquelles Israël modifierait les règles ont par le passé suscité l'indignation des musulmans et déclenché des violences.
Aucun signe immédiat de troubles n'a été constaté jeudi après la visite de Ben-Gvir à l'occasion de « Tisha BeAv », jour de jeûne et de deuil dans le judaïsme commémorant la destruction des anciens temples juifs.
« À Tisha BeAv, nous commémorons la destruction. Mais nous constatons aussi d'immenses progrès sur le mont du Temple. Regardez ce qui se passe ici : des juifs qui prient, qui se sentent chez eux, comme s'ils étaient les maîtres des lieux. Cela ne s'était jamais vu auparavant », a déclaré Itamar Ben-Gvir dans une vidéo où l'on pouvait voir un visiteur juif s'incliner pour prier.
Le ministère jordanien des Affaires étrangères et le ministère palestinien des Affaires religieuses ont tous deux condamné cette visite, la jugeant contraire aux accords de statu quo.
La Jordanie a déclaré qu'il s'agissait d'« une profanation du caractère sacré de la mosquée, une escalade, un acte barbare et une provocation inacceptable ».
Le bureau de Benjamin Netanyahu n'a pas immédiatement réagi. De précédentes visites et déclarations d'Itamar Ben-Gvir avaient déjà incité le Premier ministre israélien à réaffirmer la politique israélienne de maintien du statu quo.


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