Le ministre des affaires étrangères Joe Raggi lors d'une conférence organisée par le Sénat français le 16 juillet 2026. Photo Ani
Le ministre libanais des Affaires étrangères Joe Raggi a assuré jeudi que la décision prise par le gouvernement libanais de rétablir le monopole de l'État sur les armes, notamment à travers le désarmement du Hezbollah, n'avait pas été téléguidée depuis l'étranger, mais répondait à une volonté nationale et souveraine. Le chef du Palais Bustros s'exprimait dans le cadre d'une conférence organisée par la deuxième chambre française sur le thème « Solidarité avec le Liban : les autorités locales au cœur du partenariat franco-libanais », à l'invitation du président du Sénat, Gérard Larcher.
« La décision de mettre fin à la présence militaire du Hezbollah n'a pas été une réponse à des pressions extérieures ni le fruit de négociations diplomatiques, mais l'expression d'une volonté nationale pure et d'une conviction profonde : l'État ne peut retrouver pleinement sa crédibilité et son prestige tant que des organisations armées opèrent en dehors de son autorité constitutionnelle », a déclaré le ministre.
« Le Liban a choisi de reconstruire un État pleinement souverain, dont l'autorité ne souffre d'aucune ambiguïté, un État qui détient seul la décision en matière de politique étrangère et de sécurité nationale et qui exerce seul le droit d'utiliser la force légitime. Le Liban n'agit plus en fonction des contraintes imposées par les circonstances, mais selon une vision claire considérant que la souveraineté est indivisible, que la décision nationale ne se délègue pas et que le monopole de la force légitime ne peut appartenir qu'à l'État », a-t-il affirmé.
« Ce choix exige du courage et impose parfois de prendre des décisions difficiles, mais c'est un choix irréversible, car il exprime une volonté profonde des Libanais de retrouver leur État : un État qui ne soit plus une scène de règlement des conflits des autres, ni une ligne de défense avancée au service d'intérêts extérieurs, ni une carte de négociation utilisée lors de discussions menées loin de Beyrouth », a-t-il poursuivi.
« Nous accueillons donc tout partenaire qui contribue au renforcement de l'État libanais, et nous rejetons toute personne qui cherche à prendre sa place. Les décisions relatives à la guerre et à la paix, à la sécurité nationale et à la politique étrangère sont aujourd'hui prises à Beyrouth, et à Beyrouth seulement », a encore déclaré le ministre.
Joe Raggi a enfin qualifié de « courageuse et historique » la décision du gouvernement libanais de rejeter la voie de la guerre et de s'engager dans celle des négociations directes avec Israël, qui se poursuivent actuellement à Rome, « afin de transformer le fragile cessez-le-feu actuel en un accord plus durable de cessation des hostilités, avec à la clé un retrait israélien des territoires occupés par son armée au Liban-Sud ».


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