Ted Chaiban, directeur exécutif de l'Unicef, sur le tarmac de l'aéroport de Port Soudan, le 23 juillet 2023. Photo d'archives AFP
Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a nommé le Libanais Edward « Ted » Chaiban Directeur exécutif adjoint chargé des programmes de l’Unicef, avec prise de fonctions le 1er janvier 2027. Cette nomination intervient à un moment charnière pour l’agence onusienne chargée de l'enfance, confrontée à une hausse des besoins humanitaires, à une contraction des financements internationaux et à la réforme la plus ambitieuse engagée par l'ONU depuis plusieurs décennies.
Déjà responsable de l’action humanitaire de l’Unicef, Ted Chaiban aura désormais la responsabilité de piloter l’ensemble des programmes de l’organisation dans plus de 190 pays et territoires, dans des domaines aussi essentiels que la santé maternelle et infantile, la vaccination, la nutrition, l’éducation, la protection de l’enfance, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, le développement de la petite enfance, la protection sociale et les programmes destinés aux adolescents.
En annonçant cette nomination, António Guterres confie à l’un des dirigeants les plus expérimentés de l’Unicef un portefeuille qui dépasse largement la gestion des opérations humanitaires. À partir du 1er janvier 2027, Ted Chaiban succédera au Canadien Omar Abdi, qui prendra sa retraite le 31 décembre 2026.
Cette promotion marque une nouvelle étape dans un parcours de plus de trente ans au sein de l’Unicef. Depuis 2023, Ted Chaiban dirige l’action humanitaire mondiale et les opérations d’approvisionnement de l’organisation, l’une des plus importantes chaînes logistiques du système des Nations unies. Il avait auparavant coordonné la préparation des pays et le déploiement mondial des vaccins contre la COVID-19, avant d’occuper successivement les fonctions de directeur régional pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, directeur des programmes, directeur des programmes d’urgence et représentant de l’Unicef en Éthiopie, au Soudan et au Sri Lanka. Diplômé de Tufts University en biologie et en sciences politiques et titulaire d’un master en développement et études arabes de Georgetown University, il parle couramment l’arabe, l’anglais et le français.
Crises multiples et baisse des budgets
La nomination de Ted Chaiban intervient dans un contexte particulièrement exigeant pour cette agence. Les conflits au Soudan, à Gaza, en Ukraine, en Haïti, en République démocratique du Congo, au Myanmar ou encore en Afghanistan continuent de priver des millions d’enfants d’un accès régulier aux soins, à l’éducation, à une alimentation suffisante ou à une protection élémentaire. À ces crises s’ajoutent les effets du changement climatique, qui aggravent les déplacements de populations, les pénuries d’eau, l’insécurité alimentaire et les risques sanitaires.
Face à cette multiplication des besoins, l’agence doit composer avec un environnement financier devenu beaucoup plus contraint. Depuis 2026, plusieurs grands pays donateurs ont revu à la baisse leurs budgets d’aide publique au développement, affectant directement les capacités d’intervention des organisations humanitaires. L’Unicef est particulièrement exposé à cette évolution. Contrairement au budget ordinaire des Nations unies, son financement repose presque exclusivement sur des contributions volontaires des États, des organisations internationales, des fondations, des entreprises et des particuliers. Toute diminution de ces ressources oblige l’organisation à procéder à des arbitrages délicats sur les programmes à maintenir, les populations à privilégier et les urgences à traiter.


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