Des agents des Forces de sécurité intérieure à Beyrouth. Photo d'illustration Hassan Ammar/AFP/Archives
Deux détenus, un Libanais et un Syrien, ont tenté de s'évader des geôles du palais de justice de Zahlé dans la nuit de dimanche à lundi, après avoir forcé le cadenas de leur cellule et agressé deux membres des Forces de sécurité intérieure (FSI). Les forces de sécurité ont repris le contrôle de la situation en moins d'une heure, sans qu'aucun détenu ne parvienne à quitter les lieux, rapporte notre correspondante dans la région, Sarah Abdallah.
Dans le détail, l'Agence nationale d'information (Ani, officielle) indique que les deux détenus sont parvenus, vers 1 heure du matin, à forcer puis à retirer le cadenas de la porte de leur cellule. Ils ont ensuite agressé deux agents des Forces de sécurité intérieure, les ont ligotés et se sont emparés des clés des dix autres cellules. Ils sont ainsi parvenus à les ouvrir dans une tentative d'inciter les autres détenus à s'évader et à les aider. La majorité des détenus n'aurait toutefois pas répondu à cet appel, se dissociant de l'opération.
Les forces de sécurité sont rapidement intervenues, avec le renfort d'éléments de la branche des Renseignements, de la police judiciaire et du service d'investigation de la Békaa, ainsi que d'importants effectifs du régiment d'intervention rapide des FSI. Elles ont repris le contrôle de la situation et rétabli l'ordre à l'intérieur de la prison, sans qu'aucun détenu ne parvienne à en sortir. Sollicitées par L'Orient-Le Jour, les FSI n'ont pas donné suite à nos demandes de commentaire pour le moment.
Les cellules installées dans les palais de justice au Liban sont normalement réservées aux personnes en garde à vue, pour des incarcérations de quelques jours. Mais avec la crise au Liban, les reports d'audiences dus aux grèves, la baisse des effectifs des FSI et le retard dans les procédures administratives, ces gardes à vue ont tendance à se prolonger. Des tentatives d'évasion similaires ont ainsi eu lieu à plusieurs reprises ces dernières années, notamment en juillet 2025, neuf détenus s'étaient évadés d’un centre de détention des FSI à Kfar el-Joz, dans la région de Nabatiyé, après avoir ouvert une brèche dans un mur. En août 2022, 31 détenus s’était évadés de la prison du palais de justice de Beyrouth, aménagé dans une structure inadéquate. L'année précédente, en novembre 2021, 70 détenus au centre de détention rattaché au palais de justice de Baabda prenaient le large après avoir réussi à déjouer les dispositifs de sécurité des lieux. Le 4 août 2020, juste après la double explosion au port de Beyrouth, le centre de détention de Adliyé (secteur du palais de justice) était aussi au cœur d’une tentative d’évasion massive. Secoués par les explosions, les lieux avaient alors été envahis d’une poussière dense, poussant les prisonniers à briser les cadenas de leurs cellules et à s’engouffrer vers la sortie. Ils avaient été rapidement rattrapés par les forces de l’ordre.


« L'OLJ » révèle les 14 points de l'accord-cadre entre le Liban et Israël