Des militants de la gauche israélienne sur la place HaBima de Tel-Aviv, lors d'une mobilisation contre la guerre en Iran et le gouvernement de Netanyahu, le 25 avril 2026. Photo Jack GUEZ / AFP archives
Les Israéliens estiment massivement que l'Iran est sorti renforcé du conflit au Moyen-Orient, selon un sondage publié dimanche, qui met en lumière un profond mécontentement de l'opinion publique sur la conduite de la guerre, mais aussi un solide soutien à l'action militaire au Liban.
L'enquête a été menée entre le 17 et le 20 juin auprès de 3.644 personnes par l'Université hébraïque de Jérusalem en collaboration avec l'Institut Agam, après la conclusion d'un accord-cadre entre les États-Unis et l'Iran en vue de mettre fin au conflit. Le texte, dont Israël n'est pas signataire, prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts y compris au Liban.
Parmi les personnes interrogées, 92% jugent que l'Iran a gagné, ou est le pays qui a tiré le plus de profit de l'affrontement, tandis que 83% considèrent que la sécurité à long terme d'Israël a été affaiblie.
Les électeurs du bloc de droite, bastion électoral du Premier ministre Benjamin Netanyahu, sont les plus sévères, 93% d'entre eux estimant que l'Iran a remporté la confrontation. L'opposition au protocole d'accord irano-américain est aussi largement majoritaire: 63% des sondés le rejettent, contre seulement 12% qui l'approuvent.
Près des trois quarts des sondés, 72,5%, disent ne pas croire les déclarations du Premier ministre Benjamin Netanyahu sur les succès de la campagne, et 56% jugent sa gestion de l'offensive « ratée » ou « médiocre ». Le soutien à son maintien au poste de Premier ministre a chuté à un peu plus de 29% en juin, contre 40,5% début mars.
L'enquête met en lumière un solide soutien à l'usage de la force pour la sécurité d'Israël: 48% des sondés se disent ainsi favorables à une grande offensive militaire au Liban contre le Hezbollah, le mouvement chiite libanais soutenu par l'Iran, même au risque d'une confrontation avec Washington, tandis que seulement 21% s'y opposent.
La publication de ce sondage coïncide avec le lancement dans la journée en Suisse, de négociations irano-américaine en vue d'un accord final pour mettre un terme au conflit régional. L'Iran a déclaré que la situation au Liban, où les bombardements israéliens et les affrontements avec le Hezbollah ont été massifs vendredi et samedi - chaque camp s'accusant de violer la trêve - serait le « principal » sujet de ces discussions.
En représailles aux frappes israéliennes, Téhéran a annoncé samedi refermer le détroit d'Ormuz, passage maritime stratégique pour le commerce mondial du pétrole.

