Les présidents américain, Donald Trump, et français, Emmanuel Macron, lors d'une réunion du G7 à Evian-les-Bains, en France, le 17 juin 2026. Photo REUTERS/Christian Hartmann
Les dirigeants réunis au G7 à Evian, en France, ont soutenu, dans une déclaration commune publiée mercredi, l'application au Liban d'un cessez-le-feu « solide et immédiat » et le désarmement du Hezbollah, trois jours après la conclusion d'un accord entre l'Iran et les Etats-Unis, qui doit être signé vendredi.
Dans cette déclaration, les sept dirigeants (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) ont affirmé soutenir « grâce à un cessez-le-feu solide et immédiat, les efforts déployés par les autorités libanaises pour parvenir au désarmement du Hezbollah et au monopole de l’État sur les armes et pour protéger l’intégrité territoriale et la souveraineté du pays au moyen de garanties de sécurité internationales adaptées. » Le texte, sur les questions géopolitiques dans le monde, salue également l'accord entre Téhéran et Washington, qui « offre une possibilité historique pour empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire et pour lutter contre les menaces liées à ses activités régionales et balistiques » et affirmé que les pays du groupe sont « prêts à y contribuer ». Ils ont souligné l'importance d'un transit « sans entrave ni redevance » dans le détroit d'Ormuz et que, dans ce cadre, « l’initiative multinationale et indépendante en matière de défense conduite par la France et le Royaume-Uni peut jouer un rôle important pour faciliter la reprise du trafic maritime » dans le Golfe, notamment par des opérations de déminage, un projet au sujet duquel Donald Trump s'était montré peu réceptif à ce projet à son arrivée à Evian lundi. La déclaration dit en outre soutenir un « accord global » complémentaire du protocole obtenu dimanche dernier qui puisse « mener à la paix et à la sécurité pour tous dans la région. » Les négociations en vue d'un tel accord doivent « tenir compte des menaces que l’Iran fait peser sur la région et au-delà et doivent garantir que ce pays n’obtiendra jamais l’arme nucléaire. »
Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé entre les Etats-Unis et l'Iran en Suisse vendredi. La signature lancera une période de deux mois de négociations, avec comme première étape la réouverture très attendue du détroit d'Ormuz. Outre une paix durable dans la région, l'objectif final est de parvenir à un accord pour encadrer le programme nucléaire iranien, dossier épineux.
L'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran peut « véritablement changer la donne » au Moyen-Orient mais aussi sur d'autres dossiers comme l'Ukraine, a estimé de son côté mercredi le Premier ministre canadien Mark Carney, notant le changement de ton américain vis-à-vis de Moscou. « Cela crée la possibilité de changer véritablement la donne », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse en marge du sommet du G7. « Je fais référence aux discussions que nous avons eues sur l'Ukraine, sur le Liban », a-t-il ajouté, citant un « changement d'orientation, des attentes plus réalistes, quant à l'évolution » de la guerre. Il a en outre souligné que les chefs d'Etat et de gouvernement des sept puissances industrialisées avaient eu « une discussion très détaillée sur le Liban et sur les prochaines étapes à cet égard ». « Oui, il y a des risques. Oui, l'accord doit être mis en œuvre, mais le simple fait qu'il existe et que tant de pays aient été impliqués dans son élaboration et aient un intérêt direct dans son développement crée des effets d’entraînement, positifs », a-t-il réagi. « C'est ce que je crois, et bien sûr, le Canada fera ce qui est en son pouvoir pour soutenir sa concrétisation », a-t-il ajouté.
La déclaration commune a été publié alors que les dirigeants du G7 doivent se pencher dans la journée de mercredi sur la question de l'intelligence artificielle, en présence de dirigeants de la tech mondiale, avant un dîner réunissant les présidents français et américain à Versailles. Sur le numérique, les Etats-Unis sont à l'unisson avec l'Allemagne, le Canada, la France, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni sur le principe de protéger les mineurs et d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ou 16 ans. Une déclaration devrait être publiée en ce sens mercredi. Les pays du G7 divergent en revanche sur la taxation et la régulation du numérique.
Dans leur déclaration, les sept dirigeants se sont encore « engagés à accroître les pressions exercées sur l'économie de guerre de la Russie » par des sanctions visant notamment ses exportations d'hydrocarbures. Ils ont aussi convenu « d’accroître la fourniture de capacités de défense aérienne, de systèmes et d'intercepteurs supplémentaires ainsi que de capacités de longue portée ».
Outre une déclaration sur le numérique, un communiqué commun est attendu sur le dossier épineux des minerais critiques, composants essentiels pour des pans entiers de l'économie mondiale et pour lesquels les sept économies avancées sont très dépendantes de la Chine.

