Le logo de l'AIEA. Photo AFP
Les Etats-Unis réclament à l'Iran de fournir "sans délai" des informations "précises" sur l'uranium enrichi stocké dans ses sites nucléaires bombardés, selon un projet de résolution qu'ils prévoient de déposer devant le conseil des gouverneurs de l'AIEA et consulté lundi par l'AFP. Téhéran doit fournir à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) "des informations sur la comptabilité des matières nucléaires" et sur ses installations nucléaires, tout en accordant à l'Agence les accès "dont elle a besoin pour vérifier ces informations", ont-ils écrit.
Washington précise que ces deux mesures sont "essentielles et urgentes", afin "d’assurer la vérification de l'absence de détournement de matières nucléaires". Les Etats-Unis prévoient de soumettre le texte au vote des 35 membres du Conseil des gouverneurs de l'AIEA, réunis depuis lundi et pour toute la semaine à Vienne. Il est actuellement à l'état de projet et le fait qu'il soit soumis ou non au vote dépendra du soutien qu'il recevra de la part d'autres Etats membres. L'absence d’accès de l’Agence, "depuis près d’un an", pour vérifier l'uranium enrichi précédemment déclaré constitue un "sujet de préoccupation en matière de prolifération", d'après les Etats-Unis.
Une grande incertitude entoure le sort des réserves de plus de 400 kg d'uranium hautement enrichi que possède l'Iran, vus pour la dernière fois le 10 juin 2025 par les inspecteurs de l'AIEA. L'Iran a suspendu sa coopération avec l'Agence depuis les premiers bombardements israéliens et américains contre ses installations stratégiques en juin 2025.
En novembre, l'AIEA avait adopté une résolution appelant l'Iran à coopérer et dans son dernier rapport, elle s'est inquiétée de ne pas avoir accès aux sites. Son directeur général, Rafael Grossi, a renouvelé son appel à l'Iran à coopérer lundi, lors d'une conférence de presse. "Evidemment, lorsque vous avez des bombardements ou des tirs d’artillerie en cours, les inspections ne sont pas possibles. Mais il y a beaucoup de choses que l'on peut faire. Et ce qui est important, c'est le dialogue", a-t-il déclaré, soulignant que s'il a "des contacts sporadiques avec le ministre des Affaires étrangères et d’autres (...), dans les faits le canal de communication est rompu" avec l'Iran. "Nous semblons être au milieu, je dirais, d’une phase compliquée, où les attaques semblent reprendre de plus belle et, bien sûr, la rhétorique redevient plus hostile", a-t-il ajouté, soulignant que "nous avons déjà vu cela, et nous avons aussi vu des moments où les choses ont tendance à se calmer un peu".
Téhéran était engagé dans des discussions avec Washington concernant son programme nucléaire lorsque les Etats-Unis et Israël ont attaqué à nouveau l'Iran le 28 février. L'étendue exacte des dégâts n'est pas connue et Téhéran argue de questions de sécurité pour refuser l'accès aux sites. Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, et Israël, soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l'arme nucléaire. L'Iran se défend d'avoir de telles ambitions militaires.


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