Le Directeur Général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, s'adresse aux médias en marge d'une réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA à Vienne, en Autriche, le 5 juin 2026. Photo REUTERS/Elisabeth Mandl
L'Iran a qualifié samedi d'«outil de pression politique » un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) s'inquiétant du manque d'accès aux sites nucléaires iraniens et appelant Téhéran à « coopérer de manière constructive ».
Téhéran était engagé dans des discussions avec Washington concernant son programme nucléaire lorsque les Etats-Unis et Israël ont attaqué l'Iran le 28 février, comme en juin 2025 lors de la guerre de 12 jours. Durant ces deux conflits, les sites nucléaires iraniens ont été bombardés à plusieurs reprises. « Si l'AIEA veut contribuer à une solution diplomatique, elle doit éviter de transformer un rapport technique en outil de pression politique », a écrit sur X le vice-ministre des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi.
Dans un rapport confidentiel consulté jeudi par l'AFP, l'AIEA déclare que le manque d'accès à des sites nucléaires en Iran constitue un « motif de préoccupation en matière de prolifération ». « Bien que l'Agence reconnaisse que les attaques militaires contre les installations et sites nucléaires iraniens ont créé une situation sans précédent, il est crucial qu'elle puisse mener sans délai des activités de vérification en Iran », indique le rapport.
L'AIEA n'a jamais condamné les frappes israélo-américaines sur les sites nucléaires iraniens. « Une telle attaque (militaire, NDLR) n'est pas seulement une violation de la souveraineté iranienne, c'est un coup direct porté à la sûreté nucléaire », a relevé M. Gharibabadi, spécialiste des questions juridiques. « On ne peut ignorer la source du dysfonctionnement et ensuite présenter les conséquences de ce même dysfonctionnement comme un grief contre l'Iran », a-t-il estimé.
Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, et Israël, ennemi juré de la République islamique et considéré par des experts comme seule puissance nucléaire du Moyen-Orient, soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l'arme nucléaire. L'Iran se défend d'avoir de telles ambitions militaires.
Les Etats-Unis ont bombardé en juin 2025 trois sites nucléaires en Iran (à Fordo, Natanz et Ispahan), ce qui avait permis, selon le président américain Donald Trump, « d'anéantir » le programme nucléaire du pays. L'étendue exacte des dégâts n'est toutefois pas connue et l'Iran argue de questions de sécurité pour refuser l'accès aux sites.
Une grande incertitude entoure le sort des réserves de plus de 400 kg d'uranium hautement enrichi que possède l'Iran, vues pour la dernière fois le 10 juin 2025 par les inspecteurs de l'AIEA.

