Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, réagit lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 3 juin 2026. Photo Xavier Galiana / AFP
»D'autres pays européens » doivent « nous aider à sécuriser le Liban » après le départ fin 2026 des Casques bleus, qui fait craindre un vide sécuritaire alors qu'une partie du sud du pays est occupé par Israël, a affirmé mercredi le Premier ministre français Sébastien Lecornu.
Le Liban plaide pour une force internationale qui remplacerait la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul), dont le mandat prend fin le 31 décembre.
Le secrétaire général de l'ONU a recommandé de son côté lundi de maintenir des troupes onusiennes, une option qui risque de se heurter à l'opposition des États-Unis et d'Israël.
« Ce que fait la France, c'est mettre d'ores et déjà sur la table une offre de moyens militaires qui permettent d'imaginer un mandat nouveau. Vous avez dit une interposition ? Ça, je ne le sais pas. (...) En tout cas, c'est à définir », a développé M. Lecornu devant l'Assemblée nationale, en réponse à une question du chef de file des députés socialistes Boris Vallaud.
A défaut d'une alternative onusienne, d'autres propositions pourraient être avancées, comme une force relevant de l'Union européenne. L'Italie, la France et l'Espagne, importants contributeurs de la Finul, ont exprimé leur volonté de maintenir des forces au Liban.
« Pour éviter justement qu'il y ait ce vide (sécuritaire, ndlr), d'ores et déjà, la France a fait cette offre de service » avec « plusieurs scénarios »: « un scénario à 5.500 hommes, un scénario autour de 3.000, un scénario autour de 2.000 », a détaillé le Premier ministre français.
« Et on va le faire avec les partenaires européens » parce que « parfois nous avons été trop seuls dans cette affaire. Heureusement que les Italiens étaient là. Mais d'autres pays européens doivent être davantage en première ligne pour nous aider à sécuriser le Liban », a-t-il ajouté.
M. Lecornu a également promis de « multiplier par deux ou trois dans les toutes prochaines semaines » l'aide humanitaire au Liban, en invitant Israël à « mettre fin à cette guerre et fin à l’occupation illégale ».
Les frappes se poursuivent malgré les promesses d'apaisement de Washington, où des diplomates libanais et israéliens poursuivaient mercredi leurs négociations depuis la réouverture du front entre le Hezbollah et Israël au Liban, le 2 mars.
Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans la guerre régionale pour soutenir l'Iran, provoquant une intense campagne de frappes israéliennes.
Ces bombardements ont fait 3 516 morts selon le dernier bilan des autorités libanaises. Plus d'un million de personnes ont été déplacées. Côté israélien, 26 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.


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