n homme conduit un scooter en passant devant des banderoles installées représentant des images du défunt guide suprême iranien l’ayatollah Ali Khamenei, de son fils, ainsi que du nouveau guide suprême désigné du pays, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, sur la place Sadeghiyeh à Téhéran, le 31 mai 2026. Photo Atta KENARE / AFP
L’Iran est en position de tirer bien davantage de missiles à longue portée contre Israël et d’autres pays du Moyen-Orient après avoir rapidement dégagé ses arsenaux enterrés — un effort qui met en évidence les limites de la stratégie de bombardement américaine, selon des experts contactés par CNN et des images satellites analysées par les journalistes de la chaîne américaine.
Si pendant plusieurs semaines, les frappes des États-Unis et d'Israël ont restreint l’accès de l’Iran aux sites de missiles souterrains en détruisant des routes et en ensevelissant des entrées de tunnels, les images satellites montrent comment les Iraniens ont utilisé des équipements simples tels que des bulldozers et des camions-bennes, suggérant que les capacités de missiles de Téhéran ne peuvent pas être détruites uniquement en ciblant les entrées de tunnels.
En cas de reprise des hostilités, l’Iran est en mesure de « continuer à lancer des missiles tant qu’il dispose de lanceurs et d’équipages, même si la production a été interrompue », a notamment déclaré Sam Lair, chercheur associé au James Martin Center for Nonproliferation Studies, qui analyse les capacités balistiques iraniennes. « Rien n’empêche les lanceurs d’être armés avec le vaste stock de missiles dont disposent encore les Iraniens. »
Dans une base de missiles à Dezful, en Iran, on pouvait voir le 12 mai que quatre des cinq entrées de l’installation souterraine avaient été rouvertes. L’entrée entourée en gris est la seule encore bloquée. CNN a constaté que l’Iran a désormais débloqué 50 des 69 entrées de tunnels frappées par les États-Unis et Israël dans 18 installations souterraines de missiles.
L’Iran a parallèlement réparé d’autres parties des bases, notamment les routes bombardées par l'aviation des États-Unis et de l’État hébreu pour empêcher les lanceurs de missiles de les utiliser. Les images satellites montrent que presque tous ces cratères ont désormais été comblés, et sur deux sites même réasphaltés.
L’Iran a conditionné dimanche tout accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre déclenchée par Washington et Tel-Aviv le 28 février à la garantie de ses « droits », soulignant qu’il ne croyait « ni aux paroles ni aux promesses » américaines dans les laborieuses négociations en cours pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d’un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait dû modifier sa proposition et envoyer une nouvelle version d’un possible protocole d’accord à Téhéran.

