La commissaire de l'UE pour les situations de crise humanitaire, Hadja Lahbib, à son arrivée à une réunion du Collège des commissaires, à Bruxelles, le 6 mai 2026. Photo REUTERS/Yves Herman
La responsable de l'UE pour les situations de crise humanitaire, Hadja Lahbib, a réclamé samedi, au deuxième jour d'une visite à Beyrouth, un meilleur accès humanitaire dans le sud du Liban, où des frappes israéliennes continuent de s'abattre malgré un cessez-le-feu, et où l'armée israélienne a établi de facto une zone tampon de plus de 600 kilomètres carré.
« L'aide humanitaire est prête, mais trop souvent elle ne peut atteindre ceux qui en ont le plus besoin », a déclaré Mme Lahbib lors d'une conférence de presse.
Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 17 avril, mais Israël poursuit ses bombardements, qui ont fait plusieurs dizaines de morts ce samedi au Liban, tandis que le Hezbollah revendique des tirs sur des positions israéliennes dans le sud du pays ou sur le nord d'Israël.
« Au sud du fleuve Litani, l'accès reste fortement limité en raison des ordres d'évacuation et des activités militaires israéliennes. Cela concerne notamment 55 villages situés en-dessous de la soi-disant ligne jaune », a déclaré Mme Lahbib, en référence à la ligne qui délimite la « zone de sécurité » établie par Israël.
L'armée israélienne bombarde aussi au-delà de ce secteur, jusqu'au nord du fleuve Litani et a mené des attaques samedi dans le Chouf, à une vingtaine de kilomètres de Beyrouth, ainsi que, mercredi soir, dans la banlieue sud de la capitale. Mme Lahbib a souligné que des infrastructures clés, notamment des ponts sur le Litani, avaient été détruites, « ce qui implique des trajets plus longs et des personnes qui attendent des jours et des jours pour recevoir de l'aide ».
« Nous avons besoin d'un accès humanitaire dans le plein respect du droit international humanitaire. L'aide ne peut pas sauver des vies si elle n'atteint pas les populations », a-t-elle ajouté. Selon la responsable, l'Union européenne a annoncé, depuis le début de la guerre le 2 mars, environ 100 millions d'euros d'aide humanitaire pour le Liban.
Les opérations israéliennes au Liban ont fait 2.750 morts depuis, selon le dernier bilan officiel, et plus d'un million de déplacés.
« Des hôpitaux et des ambulances ciblés, et des journalistes attaqués simplement pour avoir fait leur travail - rien ne peut justifier cela. Le droit international humanitaire doit être respecté », a encore lancé Mme Lahbib.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans le conflit au Moyen-Orient le 2 mars en tirant sur Israël, en représailles à la mort du guide suprême iranien lors des frappes américano-israéliennes sur Téhéran le 28 février.

