Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Réactions

Commémoration du 7 mai 2008, « Un jour noir » où « les masques sont tombés »


Commémoration du 7 mai 2008, « Un jour noir » où « les masques sont tombés »

Dans les rues de Beyrouth, le 7 mai 2008, des membres du Hezbollah lourdement armés. Photo tirée de la page X du député Waddah Sadek

Plusieurs personnalités politiques ont commenté jeudi le 18e anniversaire des affrontements du 7 mai 2008 au cours desquels des miliciens chiites armés du Hezbollah avaient pris d'assaut des rues de Beyrouth, sur fond de crise politique et sécuritaire, et estimé notamment que le Liban avait alors vécu un « jour noir » mais s'emploie à en sortir maintenant que « les masques sont tombés ».

« Le 7 mai restera un jour noir dans l’histoire de la milice et des armes incontrôlées qui n’ont pas contribué à construire l’État et ses institutions, mais ont plutôt été une cause de leur destruction et celle de leur avenir », a souligné sur X Bahaa Hariri, frère aîné de l’ancien Premier ministre, Saad Hariri.

Il y a 18 ans, des miliciens du parti chiite pro-iranien avaient confronté des hommes armés du Courant du Futur, le parti de Saad Hariri, en plein cœur de Beyrouth, dans un contexte tendu et après une paralysie politique de 18 mois. Le conflit avait débuté lorsque le gouvernement dirigé par Fouad Siniora avait ordonné de démanteler le réseau de télécommunication du Hezbollah.

Pour sa part, le chef du parti Kataëb, Samy Gemayel, adversaire du Hezbollah et proche du camp pro-occidental, a affirmé sur X que le 7 mai 2026 marque la fin du 7 mai 2008, c’est-à-dire « la fin du coup de force ». « Le 7 mai est une date importante, car elle réfute l’idée selon laquelle les armes étaient dirigées vers l’extérieur. En réalité, les armes du Hezbollah ont été tournées vers l’intérieur et ont illustré leur utilisation pour soumettre l’État et les institutions, ainsi que pour imposer des équilibres internes sans lien avec la lutte contre Israël. Le 7 mai 2026 marque la fin du 7 mai 2008, c’est-à-dire la fin du coup de force, à travers l’unité des Libanais face à la confiscation de leur décision et de leur avenir », a-t-il souligné.

De son côté, le député Adib Abdel Massih, qui a rejoint jeudi le parti Kataëb, a évoqué un « anniversaire douloureux de la reprise en main par l’État dans l’État », affirmant que « le 7 mai aujourd’hui est différent, car il y a des voix qui disent non aux armes et non à la discorde, et oui à une Beyrouth démilitarisée », rapporte l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).

À son tour, le député de Beyrouth Fouad Makhzoumi a publié le commentaire suivant sur X : « Le 7 mai est le jour où tous les masques sont tombés. Le jour où le Hezbollah a utilisé ses armes contre Beyrouth et contre les Libanais, prouvant ainsi qu’une arme en dehors de l’État ne protège pas une patrie, mais détruit le pays de l’intérieur ». Et de déplorer que « depuis ce jour, le 7 mai n’a jamais quitté le Liban. Il se poursuit sous différentes formes : un État effondré, des institutions paralysées, une capitale étouffée, et des villages du Sud abandonnés à l’occupation et à la destruction, tandis que le Hezbollah insiste pour maintenir ses armes au-dessus de l’État et de la loi ». « Les armes du Hezbollah n’ont pas protégé le Liban ; elles l’ont entraîné d’un effondrement à un autre, ouvrant les portes de Beyrouth, du Sud et de tout le pays au chaos et à l’isolement », a estimé le député sunnite.

Le député Waddah Sadek, issu de la Contestation, a rappelé, quant à lui, que le 7 mai est la date qui a permis de « mettre à nu la fonction réelle des armes ». « Le jour où le parti (Hezbollah) a envahi Beyrouth avec la même arme qu’il avait, pendant des années, présentée aux Libanais comme étant dirigée contre Israël, alors qu’elle a été en réalité pointée vers les habitants de Beyrouth », a-t-il observé. « Ce jour-là, la ville n’a pas été occupée par un ennemi extérieur, mais a goûté à l’amertume de l’usage d’armes internes, et le masque est tombé sur un projet qui n’a connu de la 'résistance' que son usage comme slogan pour justifier le contrôle et l’intimidation », a-t-il ajouté.

M. Sadek a estimé que le « 7 mai restera une tache noire dans l’histoire de ce parti, et un jour qui a prouvé que le danger le plus grave pour les nations n’est pas l’arme de l’ennemi, mais celle qui est levée contre les propres citoyens d’un pays ».

Malgré les mises en garde répétées des responsables libanais, le Hezbollah a fait entrer le Liban dans le conflit contre Israël, d’abord le 8 octobre 2023 pour soutenir le mouvement islamiste palestinien Hamas dans sa guerre contre l’État hébreu et puis le 2 mars 2026 après des frappes israéliennes contre l’Iran qui ont tué le guide de la République, Ali Khamanei. La milice chiite refuse toujours de remettre son arsenal à l’État libanais, malgré les frappes israéliennes répétées sur le pays, et les appels des autorités libanaises et de la communauté internationale.

Depuis le 2 mars, les attaques israéliennes contre le Liban ont fait au moins 2 704 morts et 8 311 blessés, et déplacé plus de 1,6 million de personnes, soit environ un cinquième de la population du pays, selon les derniers chiffres officiels.

Plusieurs personnalités politiques ont commenté jeudi le 18e anniversaire des affrontements du 7 mai 2008 au cours desquels des miliciens chiites armés du Hezbollah avaient pris d'assaut des rues de Beyrouth, sur fond de crise politique et sécuritaire, et estimé notamment que le Liban avait alors vécu un « jour noir » mais s'emploie à en sortir maintenant que « les masques sont tombés ».« Le 7 mai restera un jour noir dans l’histoire de la milice et des armes incontrôlées qui n’ont pas contribué à construire l’État et ses institutions, mais ont plutôt été une cause de leur destruction et celle de leur avenir », a souligné sur X Bahaa Hariri, frère aîné de l’ancien Premier ministre, Saad Hariri.Il y a 18 ans, des miliciens du parti chiite pro-iranien avaient confronté des hommes armés du Courant...