Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi (à droite) en train de parler avec le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir lors de son arrivée à la base aérienne de Nur Khan à Rawalpindi, près d'Islamabad, le 24 avril2026. Photo HANDOUT / Ministère pakistanais des Affaires étrangères / AFP
Les émissaires américains sont attendus samedi à Islamabad, où une délégation iranienne a entamé des entretiens avec le pouvoir pakistanais, sans garantie de discussions directes entre les deux belligérants pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Parallèlement, la trêve au Liban, autre théâtre du conflit, semble toujours aussi précaire.
Déclenchée par une attaque des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février, la guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.
Islamabad, la capitale du Pakistan, attend depuis des jours une reprise des pourparlers américano-iraniens, entamés il y a deux semaines et interrompus au bout d'une quinzaine d'heures, même si le cessez-le feu a été unilatéralement prolongé sine die depuis par les Etats-Unis.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé vendredi soir à Islamabad, pour des entretiens avec de hauts responsables pakistanais.
Mais « aucune rencontre n'est prévue entre l'Iran et les Etats-Unis », a affirmé sur X le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, précisant que les positions de son pays seraient transmises à la partie américaine vie les médiateurs pakistanais.
Les émissaires du président américain Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, se rendront samedi au Pakistan en vue de pourparlers « avec des représentants de la délégation iranienne », a pourtant déclaré auparavant la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, assurant que cette rencontre était une demande de Téhéran.
Le vice-président JD Vance, qui conduisait la délégation américaine il y a deux semaines, ne devrait pas cette fois être du voyage mais pourrait les rejoindre ultérieurement en cas de progrès, a précisé Mme Leavitt.
Après le Pakistan, M. Araghchi doit poursuivre une tournée régionale qui le mènera à Oman et en Russie.
- « Vitale pour le monde » -
Pendant ce temps, le trafic maritime reste à l'arrêt dans le détroit d'Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et qui est désormais soumis à un double blocus iranien et américain.
Les marchés mondiaux ont accueilli avec un enthousiasme très mesuré la perspective de nouvelles négociations entre Washington et Téhéran. Le baril de WTI américain a reculé de 1,51% à 94,40 dollars et le Brent, référence internationale, a modéré sa hausse, clôturant à 105,33 dollars (+0,25%).
Sur le front libanais, le cessez-le-feu, dont une prolongation de trois semaines a été annoncée jeudi soir par Donald Trump après des discussions entre représentants israéliens et libanais à Washington, est déjà mis à rude épreuve.
Le ministère libanais de la Santé a fait état de six tués et deux blessés vendredi par des frappes israéliennes dans le sud du pays.
L'armée israélienne a affirmé que ses soldats avaient tué six membres du Hezbollah lors d'une escarmouche, après avoir déclaré que le mouvement chiite pro-iranien avait abattu l'un de ses drones.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé le Hezbollah de tenter de « saboter » le « processus pour parvenir à une paix historique entre Israël et le Liban ».
Le mouvement chiite, qui a entraîné le Liban dans la guerre en rouvrant les hostilités avec Israël le 2 mars, a pour sa part appelé l'Etat libanais à « se retirer des négociations directes avec Israël » et estimé que la prolongation de la trêve n'avait « pas de sens » au vu des « actes d'hostilité » persistants d'Israël.
- « Nous rentrons chez nous » -
L'armée israélienne a par ailleurs émis vendredi un appel à évacuer un village du sud du Liban, le premier de ce type depuis l'annonce de la prolongation du cessez-le-feu. L'agence de presse officielle libanaise ANI a ensuite fait état d'une frappe israélienne sur Deir Aames.
Une négociation directe avec Israël « signifierait une reconnaissance de l'ennemi », explique à l'AFP Ahmad Choumari, 74 ans, qui après avoir hésité, a décidé de quitter la ville de Saïda où il s'était mis à l'abri et de regagner son village, à la faveur de la prolongation de la trêve.
« Nous rentrons chez nous », dit-il, entouré de sacs et de matelas, exprimant l'espoir « que le cessez-le-feu deviendra permanent ».
Par ailleurs, la Finul, la force de l'ONU, a annoncé vendredi la mort d'un de ses Casques bleus indonésien blessé le 29 mars dans le sud.

