Des pelleteuses s’activent, le 22 avril 2026 à Tyr au Liban-Sud, sur les décombres de bâtiments détruits le 16 avril par des bombardements israéliens. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme (HCDH) a annoncé vendredi avoir documenté des schémas d’attaques visant des civils dans des zones peuplées et des immeubles résidentiels au Liban et en Israël, pouvant constituer de graves violations du droit international humanitaire. Le rapport couvre les trois premières semaines de la dernière escalade, commencée après que le Hezbollah a lancé des attaques contre Israël le 2 mars, poussant Tel-Aviv à répondre par une vaste offensive militaire et une invasion du Liban-Sud.
Depuis, près de 2 500 personnes ont été tuées au Liban, selon les autorités libanaises, dans un contexte de déplacements massifs et de lourds dégâts sur les infrastructures civiles. Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu. L’armée israélienne et le Hezbollah n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires de Reuters.
Des immeubles résidentiels touchés
Le HCDC a documenté plusieurs cas où des frappes israéliennes ont touché, et parfois détruit, des immeubles résidentiels de plusieurs étages, tuant des familles entières au Liban. Ces faits pourraient constituer de graves violations du droit international humanitaire, a indiqué le porte-parole Thameen Al-Kheetan. Le rapport cite notamment une frappe israélienne du 8 mars ayant touché un immeuble résidentiel dans la ville de Sir el-Gharbiyeh, dans le caza de Nabatiyé. L’attaque a tué au moins 13 civils à l’intérieur, dont cinq femmes, cinq hommes, deux garçons et une fille.
Le bureau de l’ONU estime que de tels incidents soulèvent des préoccupations concernant le respect des principes de distinction, de proportionnalité et de précautions lors des attaques, en droit international humanitaire. Le rapport indique également que le HCDH a constaté que le Hezbollah tirait des roquettes non guidées, dépourvues de la précision nécessaire pour viser des objectifs militaires spécifiques, endommageant des bâtiments et des infrastructures civiles en Israël, ce qui constitue probablement une violation du droit international humanitaire.
Journalistes visés
Par ailleurs, le HCDH a rappelé vendredi que les attaques contre des journalistes peuvent constituer des crimes de guerre si elles sont intentionnelles. Une frappe israélienne mercredi a tué la journaliste libanaise Amal Khalil et blessé la photographe Zeinab Faraj qui l’accompagnait dans au Liban-Sud. Les équipes de secours, dont la Croix-Rouge libanaise, ont été entravées par l’armée israélienne lors de leurs tentatives d’accès au site, a indiqué le ministère libanais de la Santé. « Cela incluait l’utilisation d’une grenade assourdissante et de tirs réels visant une ambulance, retardant l’accès au site », a ajouté Thameen Al-Kheetan.
L’armée israélienne a déclaré que son aviation avait frappé un véhicule et une structure après que deux véhicules ont été identifiés comme quittant un site militaire du Hezbollah au Liban-Sud et franchissant la « ligne de défense avancée » imposée par Tel-Aviv, ce qui représentait, selon elle, une menace immédiate. Elle a indiqué avoir reçu des informations selon lesquelles deux journalistes avaient été blessés, mais a affirmé ne pas avoir empêché les équipes de secours d’accéder à la zone. Elle a ajouté ne pas cibler délibérément les journalistes ou les équipes médicales et que l’incident fait l’objet d’un examen.


