Des Palestiniens visitant la mosquée Al-Aqsa, dans la vieille ville de Jérusalem, le 5 mars 2024. Photo d’archives Ammar Awad / Reuters
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, d’extrême droite, Itamar Ben-Gvir, s’est rendu dimanche sur l’esplanade de la mosquée el-Aqsa, à Jérusalem, un site hautement sensible, affirmant vouloir un meilleur accès pour les fidèles juifs, une visite qui a suscité la condamnation de la Jordanie.
Ce complexe situé dans la vieille ville fortifiée de Jérusalem est l’un des lieux les plus sensibles du Moyen-Orient. Connu des juifs sous le nom de mont du Temple, il s’agit du site le plus sacré du judaïsme et du troisième lieu saint de l’islam.
Selon un arrangement délicat en place depuis des décennies avec les autorités musulmanes, le site est administré par une fondation religieuse jordanienne. Les juifs peuvent le visiter, mais n’y sont pas autorisés à prier. Toute suggestion de modification du statu quo a déjà provoqué des réactions de colère dans le monde musulman et déclenché des violences.
« Aujourd’hui, je me sens comme le propriétaire ici », a déclaré M. Ben-Gvir dans une vidéo filmée sur le site et diffusée par son bureau. « Il y a encore beaucoup à faire, beaucoup à améliorer. Je continue de pousser le Premier ministre (Benjamin Netanyahu) à faire davantage — nous devons continuer à monter toujours plus haut ». Un communiqué du ministère jordanien des Affaires étrangères a indiqué considérer cette visite comme une violation de l’accord sur le statu quo sur le site, ainsi qu’une « profanation de sa sainteté, une escalade condamnable et une provocation inacceptable ».
Le porte-parole de M. Ben-Gvir a déclaré que le ministre avait prié sur le site et cherchait à obtenir un meilleur accès et des autorisations de prière pour les visiteurs juifs.
Le bureau de M. Netanyahu n’a pas réagi dans l’immédiat. Par le passé, de telles visites et déclarations de M. Ben-Gvir ont conduit le bureau du Premier ministre à rappeler qu’il n’y avait aucun changement dans la politique israélienne de maintien du statu quo.
Les lieux de culte musulmans, chrétiens et juifs, dont Al-Aqsa, avaient été largement fermés au public pendant la guerre avec l’Iran. Aucun incident immédiat n’a été signalé dimanche après la visite de M. Ben-Gvir.

