Le ministre libanais de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, à Baabda, le 7 avril 2026. Photo X / @LBPresidency
Le ministre libanais de l’Intérieur Ahmad Hajjar a affirmé mardi que les municipalités ont un « rôle essentiel » à jouer dans la sécurité des Libanais, alors que la frappe israélienne sur un appartement de Aïn Saadé, un village des hauteurs de Beyrouth, a relancé le débat sur les locations d'appartements à des personnes qui pourraient être ciblées par l’État hébreu. Il a ajouté que les forces de sécurité ont une « présence accrue » dans les différentes régions.
Cette frappe a tué un cadre des Forces libanaises, son épouse et une de leurs voisines, et fait planer des craintes de regain de tensions communautaires et d'autres liées à l'accueil des déplacés dans des zones qui n'étaient pas jusque-là bombardées par Israël.
À l'issue d'une réunion avec le président Joseph Aoun, M. Hajjar a affirmé « œuvrer à assurer une présence sécuritaire accrue dans les régions ». Pour cela, le chef de l’État a « donné ses directives afin de rassurer la population et protéger les citoyens », a-t-il précisé, soulignant que « les Libanais n’ont de refuge que dans le cadre de l’État. » Le ministre a en outre souligné le « rôle essentiel » que doivent jouer les municipalités pour protéger les citoyens, et en coordination avec les services de sécurité et l'armée. De nombreuses municipalités dans le pays demandent à voir les contrats de location et recueillent des informations sur tout nouveau locataire éventuel, dans le cadre de mesures renforcées. Des frappes ciblées ont été effectuées sur des appartements dans des zones jusque là épargnées, comme dimanche à Aïn Saadé ou le 23 mars à Hazmieh, où avait été tué « un responsable des gardiens de la révolution au Liban », selon Israël. Après la frappe sur Aïn Saadé, de nombreux citoyens et politiciens locaux avaient réclamé des mesures de sécurité renforcées dans toutes les régions, le député Kataëb Élias Hankache allant jusqu'à demander que l'état d'urgence soit décrété.
Concernant en outre la fermeture du poste-frontière de Masnaa, après des menaces israéliennes de frappes dans la nuit de samedi à dimanche mais qui n'ont pas été mises à exécution, M. Hajjar a exprimé l'espoir qu'il soit « prochainement rouvert ». Ce poste-frontière est l'une des principales voies de passage entre le Liban et la Syrie, dans la Békaa. Il avait été bombardé à plusieurs reprises en 2024. L'armée israélienne accuse le Hezbollah de l'utiliser pour transférer des armes.
Par ailleurs, M. Hajjar a évoqué la question des villages encore habités au Liban-Sud, coupés du reste du pays et en première ligne des combats terrestres entre le parti chiite et l'armée israélienne. « Le président se soucie de ces villages, qu'ils soient chrétiens ou non », a-t-il déclaré. « Les forces de sécurité sont aux côtés de ceux qui tiennent bon », a-t-il assuré, alors que l'armée libanaise en avait retiré la semaine dernière une partie de ses soldats.


