Le ministre de la Santé, Rakan Nassereddine, à l’hôpital gouvernemental de Saïda le 6 avril 2026. Photo transmise par notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah
Le ministre de la Santé Rakan Nassereddine a effectué lundi une visite à l’hôpital gouvernemental de Saïda au Liban-Sud, dans le cadre d’une tournée des établissements publics de la ville. Cette démarche vise à évaluer leur situation et à examiner les moyens de les soutenir en pleine guerre entre Israël et le Hezbollah, rapporte notre correspondant dans la région Mountasser Abdallah.
Les attaques et menaces israéliennes qui ont suivi les tirs du parti chiite à travers la frontière ont entraîné le déplacement de plus d’un million de personnes à travers le pays, la majorité des habitants du Sud trouvant refuge à Saïda.
Accueilli par une délégation de médecins et de responsables locaux, en présence du député de Saïda Abdel Rahman Bizri, le ministre a présidé une réunion tenue sur place.
Concernant la prise en charge des déplacés, M. Nassereddine a assuré que son ministère couvre l’intégralité des frais médicaux pour les Libanais ne bénéficiant pas d'une couverture auprès d'une compagnie d'assurance. « Cela représente un fardeau pour les hôpitaux et pour l’ensemble du secteur, mais cela montre aussi que nous continuons d’investir dans les hôpitaux publics, en temps ordinaire comme en période de crise », a-t-il affirmé. « Nous sommes venus évaluer les besoins de l’hôpital et prendre des nouvelles des patients déplacés et des blessés. Face à l’agression israélienne contre le secteur de la santé, la meilleure façon d’exprimer notre patriotisme est de maintenir nos services, que ce soit à Saïda ou ailleurs dans le Sud », a-t-il poursuivi.
Le ministre a également exprimé son inquiétude face à la fermeture de certains établissements, contraints de suspendre leurs activités en raison des bombardements, citant notamment l’hôpital de Meis el-Jabal (caza de Bint Jbeil), une localité conquise par les forces israélienne.
« La priorité reste d’assurer la continuité des soins. À Bint Jbeil, malgré les difficultés, nous disposons encore d’hôpitaux. Même si l’hôpital Salah Ghandour a été évacué de force, notre objectif demeure de garantir l’accès aux soins », a poursuivi le ministre Nassereddine. La semaine dernière, le personnel médical de cet établissement avait été évacué par précaution, sur fond d’intensification des frappes israéliennes dans le caza de Bint Jbeil et de craintes d’une incursion terrestre.
Contribution à l’hôpital gouvernemental de Saïda
Le ministre a par ailleurs annoncé qu’une « deuxième contribution financière sera accordée à l’hôpital gouvernemental de Saïda afin d’assurer la continuité de ses opérations ». « Nous faisons également tout notre possible pour soutenir les infirmiers et infirmières des hôpitaux publics », a-t-il ajouté, précisant que l’hôpital de Meis el-Jabal avait déjà reçu une aide destinée au paiement des salaires.
De son côté, le député Abdel Rahman Bizri a salué cette visite, rappelant le rôle central de Saïda dans l’accueil des déplacés. « Saïda a toujours assumé son rôle national. Dans cette ville, nous adoptons deux principes-clés : nous ne considérons pas les déplacés comme des réfugiés, mais comme des invités et des concitoyens ; et nous nous efforçons de répondre à leurs besoins par tous les moyens disponibles », a-t-il déclaré.

