Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'exprime lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 24 mars 2026. Photo STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
La guerre au Moyen-Orient provoque « un nouveau choc pétrolier » qui risque de peser sur la croissance économique de la France, a affirmé le ministre français de l'Economie Roland Lescure, mardi à l'Assemblée nationale.
« C'est un choc pétrolier. On en a connu une dizaine depuis 50 ans », a déclaré M. Lescure.
« L'hypothèse d'une crise passagère, dont les conséquences économiques s'effaceraient avec la fin des bombardements, n'est malheureusement désormais plus d'actualité », a-t-il dit, devant la commission des Finances.
« Avec la crise, ce sont 15 à 20% du pétrole, 20% du gaz naturel liquéfié, au niveau mondial, qui n'arrivent plus sur les marchés », a précisé le ministre. « Ce sont donc 11 millions de barils en moins par jour pour l'économie mondiale », a-t-il souligné.
« Cette situation constitue un nouveau choc pétrolier. Et si ce choc énergétique persiste au-delà de quelques semaines, la crise pourrait se diffuser plus largement à l'économie, et être au fond d'une nature plus systémique », a estimé M. Lescure.
« Nous suivons la diffusion plus large du choc dans l'économie, qui dépendra évidemment de la durée et de l'intensité du conflit », a-t-il assuré.
D'après le ministre, « une hausse permanente de 10 dollars du baril représente environ 0,1 point de croissance en moins, et 0,3 point d'inflation en plus » pour la France. « Un baril qui resterait probablement à 100 dollars, soit un choc de 35 dollars par rapport au scénario d'avant-crise, conduirait à un impact négatif de 0,3 à 0,4 point sur la croissance et d'un point sur l'inflation », a-t-il détaillé.
M. Lescure a cité les prévisions de l'institut statistique national français (Insee), selon lesquelles la croissance économique de la France devrait ralentir cette année, à 0,2% au premier trimestre comme au deuxième.


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