Un homme devant un deux-roues en flammes à Doueir, dans le caza de Nabatiyé au Liban-Sud, le 17 mars 2026. Photo obtenue par Mountasser Abdallah
Trois soldats libanais ont été tués et cinq autres blessés dans trois frappes israéliennes visant des militaires mardi sur la région de Nabatiyé, à Kaakaïyet el-Jisr, Doueir et Zebdine. Ces militaires ont été ciblés par des drones alors qu'ils circulaient sur des routes de la région, au sud du fleuve Zahrani, une zone que l'armée israélienne avait à nouveau appelé à évacuer plus tôt dans la matinée.
L'armée libanaise a confirmé qu'un de ses soldats a été tué des suites de ses blessures subies lors d'une frappe israélienne de drone ayant visé un groupe de cinq militaires, alors qu’ils circulaient dans un véhicule civil sur une route de Kaakaïyet el-Jisr. Les quatre autres soldats blessés, dont l'un se trouve dans un état grave, sont toujours hospitalisés, selon la troupe. Selon les informations de notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah, les soldats visés n'étaient pas en patrouille au moment de l'attaque, mais en train de rentrer de leur service, et ils portaient tous leur uniforme. Deux autres ont été ciblés par un drone alors qu'ils se trouvaient également en scooter à Zebdine, selon les informations de notre correspondant et un bref communiqué de la troupe. Un autre soldat a été ciblé et grièvement blessé alors qu'il circulait en deux-roues à Doueir.
Plus tard dans la journée, l’armée libanaise a fourni de plus amples détails sur les trois soldats tués à Nabatiyé, tous conscrits. Il s’agit de Omar Nazem Abed, né en 2004 à Aïn Arab, dans le caza de Rachaya (Békaa-Ouest) ; Mohammad Moustapha Bilal Baadarani, né en 2004 à Ali Nahri, dans le caza de Zahlé ; et Mehdi Akram Kobeissi, né en 2005 à Bourj Brajné, dans le caza de Baabda. Tous célibataires, ils avaient reçu plusieurs distinctions au cours de leur service.
L’armée libanaise a également condamné « avec la plus grande fermeté ces attaques israéliennes visant militaires et civils » et a souligné que leur intensification révélait « les intentions destructrices de l’occupation israélienne à l’égard de notre pays ». « Ces actes constituent une violation flagrante de la souveraineté du Liban, de la sécurité de ses citoyens et des résolutions internationales pertinentes, et ont des répercussions négatives sur la stabilité de la région », ajoute l’institution militaire, en insistant « sur la nécessité de mettre en œuvre les résolutions internationales, en particulier la résolution 1701, et de respecter l’accord de cessez-le-feu ».
Le président de la République, Joseph Aoun, a appelé le ministre de la Défense, Michel Menassa, et le commandant en chef de l’armée, Rodolphe Haykal, pour présenter ses condoléances suite à la mort de trois soldats dans des frappes israéliennes au Liban-Sud. Il a vivement dénoncé « le ciblage de militaires, alors même que les agressions meurtrières se poursuivent contre des centaines de femmes, d’hommes et d’enfants innocents ». Le président a souligné que « viser l’armée libanaise, qui joue un rôle rassembleur pour préserver la souveraineté, est en totale contradiction avec les appels du Liban et de la communauté internationale en faveur du renforcement de ses capacités militaires, afin qu’elle étende sa suprématie sur l’ensemble du territoire et assure le monopole des armes aux mains de l’État ».
Commentant la frappe sur « Froun », village voisin de Kaakaïyet el-Jisr, la porte-parole arabophone de l'armée israélienne Ella Waoueia a affirmé qu'une enquête est en cours sur la frappe ayant « blessé plusieurs soldats de l'armée libanaise ». « Nous affirmons que l’armée israélienne agit contre le Hezbollah et non contre l’armée libanaise ni contre les civils libanais », a-t-elle indiqué. Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait, depuis le 2 mars, 886 morts, dont 111 enfants selon un bilan actualisé au 16 mars. L'armée israélienne a indiqué avoir éliminé environ 400 combattants du Hezbollah.
Ce n’est pas la première fois que des militaires libanais sont tués par Israël depuis l’escalade du conflit entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, alors que l'armée ne participe pas aux combats. La semaine dernière, deux soldats ont été tués dans une autre frappe de drone à Saouané (Marjeyoun), et dans un bombardement à Baraachit (Bint Jbeil).

