Le Premier ministre Nawaf Salam (au centre) présidant la réunion ministérielle du lundi 16 mars 2026 au Grand sérail, en présence d'un nombre de ministres. Photo ANI
Face aux campagnes de haine qui se multiplient en ligne contre des personnalités médiatiques et politiques, sur fond de guerre Hezbollah/Israël qui polarise l'opinion, des ministres du gouvernement de Nawaf Salam ont évoqué ce phénomène lundi lors d'une réunion au Grand Sérail, et préconisé que le parquet se saisisse de ces affaires.
Certaines personnalités comme la journaliste Dima Sadek font l'objet de violentes campagnes sur les réseaux sociaux, allant jusqu'aux appels au meurtre, en raison de ses positions affichées contre le Hezbollah. Par ailleurs, un journaliste proche du Hezbollah, Ali Berro, reste détenu à la suite de poursuites engagées contre lui après qu'il ait proféré des menaces en ligne contre plusieurs officiels.
À l'issue d'une réunion ministérielle au Grand Sérail, le ministre de l’Information Paul Morcos a indiqué que « le Premier ministre Nawaf Salam et plusieurs ministres ont abordé le sujet du discours de haine et d’incitation à la discorde et au rejet de l’autre, qui inondent certains médias et réseaux sociaux, transgressant les limites de la liberté d’opinion, de presse et d’expression ». Il a ajouté que les ministres réunis préconisent que le parquet se saisisse de pareilles affaires quand elles se présentent, conformément aux recommandations du gouvernement.
Des réunions ont lieu quotidiennement au Grand Sérail pour évaluer la situation dans le pays et l’état des aides dispensées aux centaines de milliers de personnes déplacées par les frappes et menaces israéliennes sur leur région, à la suite de la réouverture du front avec Israël par le Hezbollah le 2 mars dernier. Concernant les déplacés, le bilan de cette réunion ministérielle fait d'ailleurs état de 36 centres d’accueil disposant encore de places, et de la possibilité d’ouvrir 100 nouveaux centres au besoin, selon M. Morcos. De nombreux déplacés du Liban-Sud ou de la banlieue-sud de Beyrouth ont dû ces derniers jours affronter une violente tempête et la pluie, alors qu'ils se sont réfugiés sous des tentes, dans les rues de Beyrouth. Nombre d’entre eux hésitent à se diriger plus au nord, malgré les appels du ministère des Affaires sociales à le faire, les centres de Beyrouth, principalement situés dans des écoles publiques, ayant été saturés très rapidement.
Et M. Morcos de poursuivre : « Le sujet de la hausse des prix due à l’augmentation des coûts d’importation et de transport maritime et autre, a été abordé au cours de la réunion. Nous avons discuté de l’initiative du ministère de l’Economie visant à identifier et même fermer à la cire rouge les entreprises contrevenantes, et saisir la marchandise (qu’ils conservent dans les dépôts en vue de la vendre plus cher en cas de hausse supplémentaire des prix, ndlr) pour la distribuer aux déplacés, avant de transférer leur dossier à la justice compétente. »
Le ministre de l’Information a enfin indiqué que M. Salam a donné ses directives pour un suivi de la distribution des aides aux déplacés, notamment celles qui résulteraient de l’appel humanitaire urgent lancé par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à Beyrouth, en fin de semaine dernière.

