Des partisans du Hezbollah brandissent des photos de l'ayatollah Ali Khamenei, lors d'un rassemblement devant l'ambassade d'Iran à Beyrouth, pour célébrer le cessez-le-feu entre Israël et l'Iran, le 25 juin 2025. Photo Haitham Moussa/AFP
Après avoir été convoqué la veille par le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi sur instructions du gouvernement, le chargé d'affaires iranien au Liban, Toufic Samadi, a été interrogé vendredi au palais Bustros. Cette démarche est intervenue après que le Hezbollah et l'Iran ont initié mercredi un tir nourri de missiles en direction d'Israël. L’État hébreu avait éliminé lundi plusieurs membres de la force al-Qods des gardiens de la révolution dans une frappe sur l'hôtel Ramada à Raouché (Beyrouth).
Pour tenter de contenir l'escalade, le gouvernement avait déjà ordonné l'arrestation et l'expulsion de toute personne se trouvant sur le territoire libanais qui serait liée aux gardiens de la révolution et exigé que les ressortissants iraniens disposent désormais d'un visa pour se rendre au Liban. Ces décisions ont été prises après que l'Iran a menacé de frapper les ambassades israéliennes « partout dans le monde » en cas d'attaque contre sa propre représentation à Beyrouth. Un ultimatum de 24 heures avait été donné par l'armée israélienne aux diplomates iraniens présents au Liban pour quitter le pays, « sous peine d'être pris pour cibles ».
Selon un communiqué du Palais Bustros, M. Samadi a été reçu par le secrétaire général du ministère, l’ambassadeur Issa Abdelsater, qui l'a questionné au sujet des déclarations de l’ambassade d’Iran au Liban et le représentant iranien auprès des Nations unies, notamment leur « affirmation selon laquelle les quatre Iraniens tués dans un hôtel du secteur de Raouché bénéficiaient du statut diplomatique et que leur présence sur le territoire libanais se faisait en toute connaissance et accord du ministère libanais des Affaires étrangères, ce que le ministère dément formellement et considère comme contraire à la vérité ».
M. Abdelsater lui a présenté « une série d’exemples prouvant le non-respect par l’Iran des décisions du gouvernement libanais, le dernier en date étant la déclaration du Corps des gardiens de la révolution iranienne évoquant des opérations conjointes avec le Hezbollah ». Il lui a également demandé des réponses écrites officielles à cette question et à d’autres points soulevés.
Le palais Bustros a ensuite remis au chargé d’affaires iranien une note écrite dans laquelle l’État confirme son « refus catégorique de toute ingérence dans les affaires intérieures du Liban, tout en réitérant son engagement total envers les dispositions du droit international, et en insistant sur le fait qu’il n’acceptera que des relations basées sur l’égalité et la réciprocité avec Téhéran ».

