Des musulmans chiites prient pour les manifestants tués lors d'une manifestation devant le consulat américain à Karachi le 1er mars 2026, après la mort du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, lors de frappes américano-israéliennes. Photo Asif HASSAN / AFP
Le bilan des violentes manifestations du week-end au Pakistan, déclenchées par la mort du guide suprême iranien, s’élève à au moins 25 morts, selon un comptage de l’AFP lundi.
Des manifestations ont éclaté dans plusieurs grandes villes du Pakistan, notamment dans la mégapole méridionale de Karachi, où certains protestataires ont tenté de prendre d’assaut des bâtiments diplomatiques américains. Un journaliste de l’AFP a vu des centaines de manifestants pro-iraniens tenter d’entrer dans le consulat des États-Unis, ce qui a provoqué des affrontements avec la police.
Au moins 10 morts ont été recensés et plus de 70 personnes ont été blessées, a indiqué le bureau du médecin légiste de la police de Karachi, tandis qu’un bilan hospitalier consulté par l’AFP faisait état de neuf personnes tuées par balles.
Dans la région septentrionale pakistanaise du Gilgit-Baltistan, au moins 13 personnes ont été tuées dans des affrontements entre manifestants et police, ont indiqué des responsables. Sept personnes ont été tuées à Gilgit, a déclaré un responsable des secours, tandis que six autres sont mortes à Skardu, a indiqué un médecin à l’AFP lundi. Les autorités ont instauré un couvre-feu nocturne, qui restera en vigueur jusqu’à mercredi à Gilgit et Skardu, où l’armée a été déployée dans les rues.
Deux autres personnes ont été tuées alors que des milliers de manifestants se rassemblaient dans les rues de la capitale, Islamabad, beaucoup portant des photos du défunt dirigeant iranien, l’ayatollah Ali Khamenei. Des journalistes de l’AFP ont vu la police tirer des gaz lacrymogènes pour disperser la foule près de l’enclave diplomatique où se trouve l’ambassade des États-Unis, dimanche après-midi.
« Tristesse et chagrin »
Israël et les États-Unis ont lancé leurs opérations militaires contre l’Iran tôt samedi, tuant le guide suprême iranien et suscitant l’indignation au Pakistan voisin, pays musulman également.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, qui entretient des liens étroits avec les États-Unis comme avec l'Iran, a déclaré dimanche soir que la mort de Khamenei constituait une « violation » du droit international. « Il s’agit d’une tradition ancestrale selon laquelle les chefs d’État ou de gouvernement ne doivent pas être pris pour cible », a écrit M. Sharif sur X. « Le peuple du Pakistan se joint au peuple iranien dans cette heure de tristesse et de chagrin et lui adresse ses condoléances les plus sincères pour le martyre » de Khamenei, a-t-il ajouté.
Lors de la manifestation de dimanche à Karachi, la foule a scandé des slogans contre les États-Unis, Israël et leurs alliés. « Nous n’avons besoin de rien au Pakistan qui soit lié aux États-Unis », a déclaré à l’AFP un manifestant, Sabir Hussain. Un peu plus tôt, une foule de jeunes avait escaladé le portail principal et accédé à l'allée menant au bâtiment du consulat, brisant plusieurs vitres.
Les ambassades des États-Unis et du Royaume-Uni ont toutes deux appelé leurs ressortissants au Pakistan à faire preuve de prudence dans le pays.


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