Le président de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), Béchara Asmar. Photo Ani
Le président de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), Béchara Asmar, a déclaré à L’Orient-Le Jour que des « négociations » avec le gouvernement de Nawaf Salam étaient en cours afin de trouver des alternatives à plusieurs mesures impopulaires que le gouvernement a lancées ou prévoit de lancer pour financer une hausse partielle des rémunérations et des pensions dans la fonction publique. Ces mesures comprennent l’imposition d’un droit d’accises équivalent à 3,5 dollars, la majoration de la TVA d’un point et l’ajout de taxes sur les conteneurs entrant au port.
« Les négociations ont commencé et vont se poursuivre dans les prochains jours. Il n’y a pas d’ordre de grève donné pour l’instant », a déclaré Béchara Asmar, quelques heures après une réunion au Grand Sérail avec Nawaf Salam, dont il semble être ressorti confiant, précisant que le chef du gouvernement avait « fait preuve d’une certaine ouverture ».
La CGTL, qui représente les travailleurs du secteur privé, ne nie pas la nécessité d’augmenter les rémunérations et les pensions des fonctionnaires, mais rejette les mesures prises par le gouvernement pour les financer, estimant qu’elles alourdissent injustement le fardeau des citoyens. « Les discussions ont porté sur les moyens alternatifs de financer ces hausses. La CGTL a présenté ses propositions, dont une visant à mettre une taxe sur le tabac, ainsi que d’autres mesures liées à la lutte contre l’évasion fiscale et douanière », a encore expliqué Béchara Asmar à L’Orient-Le Jour.
Il convient de noter que le gouvernement avait déjà mandaté plusieurs ministres pour évaluer les recettes liées à la régularisation des carrières illégales et des biens fonds maritimes, afin de dégager des ressources supplémentaires afin de conforter les décisions prises lundi.
Entre-temps, les réactions à ces mesures se multiplient. Le président de l’Association des importateurs de carburant (APIC), Maroun Chammas, a jugé que « toute hausse, qu’elle soit importante ou modeste, se répercute directement sur le marché » et que le problème fondamental posé par la hausse des prix de l’essence « réside dans l’absence d’alternatives sérieuses à la voiture privée au Liban, le transport public n’étant toujours ni réellement opérationnel ni organisé ».
Interrogé par le site LebEconomy.com, il a ajouté que le pays « traverse aujourd’hui une situation exceptionnelle, sous l’effet de pressions mondiales qui maintiennent le prix du baril à des niveaux relativement bas », mais que rien ne garantit que cette situation perdurera, dans un contexte marqué par l’incertitude sur le fond d’un possible conflit imminent entre Téhéran et Washington, ou la poursuite du conflit entre la Russie et l’Ukraine.

