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Devant un parterre de politiques et de dignitaires, le mufti Deriane insiste sur le « compromis politique »


Devant un parterre de politiques et de dignitaires, le mufti Deriane insiste sur le « compromis politique »

Le mufti de la République Abdellatif Deriane aux côtés du président de la République Joseph Aoun, du Premier ministre Nawaf Salam, du président du Parlement Nabih Berry à l'occasion d'un iftar à Dar el-Fatwa, le 19 février 2026. Photo Ani

Le mufti de la République Abdellatif Deriane a insisté jeudi soir, lors du traditionnel iftar (repas de rupture du jeûne) organisé chaque année au début du mois de ramadan par Dar el-Fatwa, plus haute instance sunnite au Liban, sur l'importance du « compromis politique ». Un appel lancé devant un parterre de personnalités de tous bords, du président Joseph Aoun à l'ancien Premier ministre Saad Hariri, en passant par des représentants des différentes communautés religieuses, à l'heure où de nombreuses questions divisent la politique libanaise, comme les prochaines législatives, les réformes économiques et le désarmement du Hezbollah.

Dans son discours, Abdellatif Deriane a souligné que « le respect de l’accord de Taëf constitue un attachement à l’unité du Liban et à son identité arabe ». Cet accord a « consacré les fondements du partenariat et de l’équilibre entre toutes les composantes nationales », a-t-il ajouté, réaffirmant que « tout projet de sauvetage ne peut reposer que sur la base de l’accord de Taëf ». Ce texte, signé en Arabie saoudite, avait mis un terme à 15 ans de guerre civile en 1989. Il accordait une meilleure répartition des pouvoirs entre les différentes communautés, notamment aux sunnites. De nombreuses dispositions de l'accord, comme la décentralisation administrative, la création d'un Sénat, et le désarmement total des milices, sont toutefois restées jusqu'à présent lettre morte. S’adressant au chef de l’État, le mufti Deriane a salué un début du mandat présidentiel et la première année du gouvernement qui ont selon lui rompu avec « l’immobilisme » des mandats précédents, « marqués par des appels à l’aide et des cris de détresse et de désespoir », au profit d'une « nouvelle dynamique » et d'une relance des administrations.

Le mufti Deriane a en outre appelé à privilégier le « compromis politique », affirmant s’adresser à un président qui « ne recherche ni le conflit ni ne le souhaite », mais « privilégie toujours des solutions de compromis ». Joseph Aoun a notamment illustré ce trait dans sa gestion du dossier de récupération du monopole des armes aux mains de l'État dans lequel il a privilégié un dialogue ouvert avec le Hezbollah tandis que certains partis réclamaient un désarmement par la force. Selon le mufti de la République, le président possède une « culture de l’État » comme détenteur du pouvoir de décision, dont l’absence passée avait conduit « à la prolifération des armes, à la dispersion des décisions économiques et à la pluralité des politiques à l’égard des pays voisins et de l’étranger ».

Le dignitaire religieux sunnite a, dans ce cadre, plaidé pour un renforcement toujours plus marqué de l’autorité étatique. « Un État fort par sa décision, aussi petit soit-il, dispose d’une large marge de liberté, tant sur le plan intérieur que dans ses relations extérieures », a-t-il déclaré.

À l’issue de l’événement, le président de la Chambre Nabih Berry et l’ancien Premier ministre Saad Hariri, qui s'est retiré de la scène politique en janvier 2022 mais est rentré temporairement au Liban à l'occasion des commémorations de l'assassinat de son père Rafic Hariri le 14 février 2005, ont quitté ensemble Dar el-Fatwa à bord d’un même véhicule, pour se rendre à Aïn el-Tiné afin d'y tenir une réunion.

Le mufti de la République Abdellatif Deriane a insisté jeudi soir, lors du traditionnel iftar (repas de rupture du jeûne) organisé chaque année au début du mois de ramadan par Dar el-Fatwa, plus haute instance sunnite au Liban, sur l'importance du « compromis politique ». Un appel lancé devant un parterre de personnalités de tous bords, du président Joseph Aoun à l'ancien Premier ministre Saad Hariri, en passant par des représentants des différentes communautés religieuses, à l'heure où de nombreuses questions divisent la politique libanaise, comme les prochaines législatives, les réformes économiques et le désarmement du Hezbollah.Dans son discours, Abdellatif Deriane a souligné que « le respect de l’accord de Taëf constitue un attachement à l’unité du Liban et à son identité arabe ». Cet...