Le président du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), Tarique Rahman, a prêté serment en tant que Premier ministre lors d'une cérémonie d'investiture au Parlement national à Dacca le 17 février 2026. Photo : Mounir Uz Zaman / AFP
Le nouveau Premier ministre du Bangladesh Tarique Rahman a composé un gouvernement de 50 membres dans lequel il gardera le portefeuille de la Défense et des Armées, selon une liste dévoilée mercredi au journal officiel.
Héritier d'une éminente dynastie politique, M. Rahman, 60 ans, a été officiellement investi mardi à la tête du pays après la large victoire de son Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) aux législatives disputées jeudi dernier.
Ce scrutin a refermé le chapitre de la transition ouverte par l'insurrection meurtrière des jeunes de la Génération Z qui a renversé à l'été 2024 le régime autoritaire de l'ex-Première ministre Sheikh Hasina (2009-2024).
Le nouveau chef du gouvernement s'est fixé comme priorité de redresser l'économie, en crise sérieuse et marquée par une forte inflation, un chômage en hausse et des investissements en berne, qui affecte le secteur textile, dont le Bangladesh est le 2e exportateur mondial.
Pour le poste-clé de ministre des Finances, il a choisi Amir Khasru Mahmud Chowdhury, un homme d'affaires de 76 ans qui a déjà exercé le mandat de ministre de Commerce.
Fils d'un ministre de ce qui était encore le Pakistan oriental avant l'indépendance du Bangladesh en 1971, il est un habitué de la politique, et a été plusieurs fois député. Il a été arrêté à plusieurs reprises dans le cadre d'enquêtes judiciaires, notamment pendant l'ère Hasina.
Alors ministre, il avait été forcé de démissionner en 2004 par la Première ministre de l'époque Khaledia Zia, la mère de Tarique Rahman, pour avoir autorisé Taïwan à ouvrir une représentation commercial à Dacca. M. Chowdhury n'a jamais évoqué publiquement cette affaire.
L'ancien diplomate Khalilur Rahman a été retenu pour le poste de ministre des Affaires étrangères.
Il faisait partie du gouvernement provisoire de Muhammad Yunus, qui a assuré la transition après la chute de Mme Hasina aux élections, en tant que conseiller à la sécurité et haut-représentant sur la question des réfugiés de la minorité birmane des Rohingya.
Diplômé en commerce et en droit, il a aussi participé aux discussions commerciales avec les Etats-Unis, dont il est réputé très proche, trop aux yeux de l'opposition et de certains membres de la majorité.
Le gouvernement est composé de 25 ministres, dont le Premier d'entre eux, et de 25 secrétaires d'Etat. Son chef s'est entouré de dix conseillers du rang de ministre.
Leur première réunion est prévue mercredi après-midi.


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