Guirlandes de drapeaux iraniens à côté de missiles exposés, avec la tour Azadi en arrière-plan, lors du 47e anniversaire de la révolution islamique à Téhéran, en Iran, le 11 février 2026. Photo Majid Asgaripour/WANA, Agence de presse Asie occidentale via Reuters
La télévision d'Etat iranienne a annoncé le limogeage du directeur d'une chaîne régionale, après qu'un journaliste a prononcé sur l'antenne un slogan hostile au guide suprême Ali Khamenei, ce qu'il a ensuite imputé à un « lapsus ».
L'incident s'est produit lors de la couverture, mercredi, des célébrations du 47ᵉ anniversaire de la Révolution islamique dans la province du Sistan-Balouchistan (sud-est).
Le journaliste Musab Rasoulizad décrivait, en direct, l'affluence de partisans du pouvoir et reprenait les slogans lancés par la foule, notamment « Allah Akbar » (Dieu est grand).
Il a enchaîné avec un « Mort à Khamenei », plutôt que de proférer « Mort à l'Amérique » ou « Mort à Israël », formules habituelles lors de tels rassemblements.
Il a ensuite présenté ses excuses dans une séquence vidéo pour ce qu'il a qualifié de « lapsus » et de « bourde », et dénoncé une exploitation de l'incident par les « contre-révolutionnaires ».
Le directeur des programmes a été licencié dans la foulée, a indiqué la télévision d'État, parlant « d'une erreur survenue sur le réseau ».
« L'opérateur de transmission et le responsable de diffusion » ont eux été suspendus, tandis que « d'autres membres du personnel jugés fautifs ont été renvoyés en commission disciplinaire », a-t-elle précisé.
Cette décision vise, selon la télévision, à « maintenir la discipline professionnelle et préserver la réputation des médias ».
Le pouvoir iranien a été confronté à une vague de contestation inédite déclenchée fin décembre, qu'il a réprimée début janvier, faisant des milliers de morts selon les ONG de défense des droits humains.
Les autorités iraniennes reconnaissent la mort de plus de 3 000 personnes dans les manifestations, mais affirment que la plupart des victimes sont des membres des forces de sécurité ou des passants tués par des « terroristes » agissant pour le compte des États-Unis et d'Israël.

