Le cours d'eau de Ghozayel, affluent du Litani dans la Bekaa centrale, entièrement recouvert de déchets plastiques et électroniques provenant d'une filière illégale de recyclage. Photo diffusée par l'Office du Litani
L’Office national du Litani a dénoncé un cas de pollution spectaculaire de la rivière Ghozayel dans la Békaa centrale, un affluent du Litani, le plus grand fleuve du Liban. Selon le président de cet organisme, Sami Alawiyé, un nombre considérable de déchets plastiques et métalliques provenant du recyclage illégal et incontrôlé d’appareils électroménagers, notamment des réfrigérateurs, se retrouvent ainsi tels quels dans ce cours d’eau.
Dans un communiqué diffusé vendredi, M. Alawiyé dénonce ce comportement « totalement scandaleux », celui de « commerçants peu scrupuleux qui achètent des frigos et d'autres grands appareils électroménagers usagés d’une marque libanaise bien connue afin de les démanteler, dans l’objectif affiché de les recycler et d’en utiliser les matières premières ». Les restes non désirés se retrouvent donc sans aucune protection dans le cours d’eau du Ghozayel.
M. Alawiyé insiste sur « la pollution dangereuse qui résulte de ces déchets, les réfrigérateurs contenant des huiles pour le refroidissement, des gaz isolants et des mousses, dont des composés chimiques dangereux, libérés par le démantèlement non étudié de ces appareils ». Il déplore que « des métaux lourds et des composés volatils en ressortent, qui vont polluer les sols, les cours d’eau et les nappes phréatiques, sans compter qu’ils contribuent à la dégradation de la biodiversité et entrent dans la chaîne alimentaire » après irrigation des cultures par cette eau polluée.
L’Office des eaux du Litani rappelle qu’il s’agit là de « violations claires des lois environnementales en vigueur concernant le traitement des déchets industriels et dangereux d’une part, et la protection des cours d’eau d’autre part », ajoutant que le principe de pollueur-payeur s’applique à ces contrevenants. Le communiqué précise que les poursuites ne se limiteraient pas aux pollueurs directs, mais s’étendraient également aux industries d’où proviennent ces appareils, qui sont supposées gérer les déchets de leur production.
A ce propos, le président de l’Office du Litani annonce avoir « entamé les mesures judiciaires nécessaires, en coordination avec la brigade d’enquête dans la Békaa, en vue d’engager des poursuites contre toute personne impliquée dans la pollution de la rivière, ainsi que l’industrie de production si sa responsabilité est établie ».
Ce cas de pollution, aussi spectaculaire soit-il, est loin d’être le premier dans le bassin du Litani, un fleuve souffrant d’une pollution endémique depuis des décennies, en raison des déchets industriels et municipaux qui y sont déversés sur tout son long. L’Office des eaux du Litani a déjà engagé de nombreuses actions en justice contre des pollueurs, notamment industriels.



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