L'immeuble évacué à Tripoli, le 6 février 2026. Photo fournie par notre correspondant Michel Hallak
Les habitants d’un immeuble de quatre étages dans le quartier de Dahr el-Moghr, à Tripoli, ont été évacués de leurs appartements, situés en face du bâtiment qui s’est effondré dans le même quartier le 7 janvier, rapporte vendredi soir notre correspondant au Liban-Nord, Michel Hallak, La mesure a été prise par précaution, après que des craquements ont été entendus dans les fondations du premier étage. Des tirs en l’air ont été effectués pour alerter les riverains et les inciter à s’éloigner du bâtiment jugé dangereux.
Fin janvier, deux bâtisses ont été évacuées et une autre a été inspectée dans la région. Ces immeubles avaient été vidés de leurs habitants, alors que depuis le début de l'hiver plusieurs bâtiments se sont écroulés, principalement dans le quartier défavorisé de Kobbé en raison d'un manque d'entretien, faisant au cours du mois dernier deux victimes : un père de famille et sa fille décédés lors de l'effondrement de leur immeuble.
Plusieurs alertes avaient déjà été lancées face aux risques d’effondrement dans la ville, la plus pauvre du Liban, confrontée à des infrastructures gravement détériorées et à un manque de financement. Selon le dernier recensement municipal de 2024, environ 105 bâtiments encore habités présentent un risque immédiat d’effondrement et nécessitent une évacuation. Andira Zouhaïri, à la tête de la Ligue libanaise des bâtiments, estime cependant à près de 4 000 le nombre d’immeubles menacés à Tripoli.
La municipalité de Tripoli avait activé un plan d’urgence consistant en l'établissement d'une salle d’opérations fonctionnant 24h/24 pour traiter les plaintes concernant les bâtiments fissurés, à une mise à jour de la base de données des 103 immeubles identifiés comme fissurés et au classement des bâtiments selon leur degré de dangerosité. Par ailleurs, les terrains identifiés dans les différentes municipalités seront utilisés pour installer des maisons préfabriquées fournies par le Haut Comité de secours, afin d’assurer des logements provisoires en cas d’évacuation rapide.

