Lors de la réunion au ministère de l'Environnement, au centre, la ministre Tamara el-Zein en compagnie de l'ambassadeur du Brésil, Tarcisio Costa. Photo ANI
Une réunion s'est tenue au ministère de l’Environnement en présence de la ministre Tamara el-Zein, de l’ambassadeur du Brésil Tarcisio Costa, et des membres de l’équipe de négociateurs au nom du Liban, qui ont participé à la Cop30 en novembre dernier à Belem, en Amazonie.
Un des sujets abordés au cours de cette réunion est la participation du Liban aux négociations climatiques, surtout que ce pays a été l’un de ceux qui ont présenté une Contribution déterminée au plan national (NDC), soit un bilan de son action climatique, révisée. La Cop30 était supposée être celle où tous les membres devaient présenter des objectifs plus ambitieux en vue de garder le réchauffement global en deçà de 2 degrés par rapport à l'ère préindustrielle, mais peu de NDCs révisées l'ont été.
Pour la ministre de l’Environnement, interrogée par L’Orient-Le Jour, la révision de la NDC libanaise « prouve notre engagement vis-à-vis de ce processus, et pourrait nous donner plus de facilité à accéder au financement » des caisses climatiques. « Dans notre stratégie de développement à long terme et à basses émissions (révélée il y a quelques mois lors d’une grande conférence au Grand sérail avec plusieurs ministres, ndlr), nous avons calculé que l’investissement nécessaire pour la financer est de 11 milliards de dollars, or dans un pays qui passe de crise en crise, il faut compter beaucoup plus sur le financement international » que sur d’autres types de financement, estime-t-elle.
Tamara el-Zein Zein a par ailleurs annoncé que dans la restructuration du ministère, une nouvelle direction du climat est prévue.
Pour sa part, l'ambassadeur Costa a passé en revue les résultats du sommet climatique, notamment en matière de forêts et de reforestation, estimant que la Cop30 « a contribué à raviver la confiance dans les solutions collectives, qui mettent l’être humain au centre ».
Les négociations climatiques, qui en sont à leur trente-et-unième année, ont connu un coup dur après l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, qui a retiré son pays de l’Accord de Paris, seul accord global en vigueur pour la lutte contre le changement climatique, adopté en 2015, puis de l’Agence de l’ONU pour le climat (UNFCCC). Elles se poursuivent néanmoins tous les ans avec plusieurs rendez-vous, dont le principal est la Cop, en fin d’année.
Dans son exposé, l’équipe de négociateurs libanais a mis en avant la contribution du pays aux négociations à Belem, et les bénéfices qu'il en a retirés. Pour Léa Kaï, consultante en changement climatique au sein du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), partenaire du ministère dans ce domaine, le Liban est « prêt » à envisager les financements climatiques. « Nous savons quels sont les impacts du changement climatique chez nous, et avons par conséquent établi les priorités, nous avons parcouru donc la moitié du chemin », explique-t-elle à L’OLJ.
Pour ce qui est de la Cop30, Léa Kaï souligne que l’un des principaux combats a été de « pousser vers une reconnaissance des besoins des pays victimes de conflits (en raison des conséquences environnementales des guerres, ndlr), un sujet sensible et controversé qui est intégré dorénavant dans la discussion, même s’il y a beaucoup à faire ».


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