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Dernières Infos - Gaza

L'arrêt des activités de MSF serait « catastrophique », alerte son secrétaire général


Un jeune Palestinien souffrant de lésions oculaires et sa mère, Randa Abu Mustafa, sont assis dans l’enceinte de l’hôpital du Croissant-Rouge, dans l’attente de leur évacuation de la bande de Gaza via le point de passage de Rafah avec l’Égypte afin de recevoir des soins à l’étranger, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 2 février 2026. Photo Bashar Taleb / AFP

L'arrêt des activités de Médecins sans frontières dans la bande de Gaza aura « des conséquences catastrophiques » pour la population, a alerté lundi le secrétaire général de l'ONG, Christopher Lockyear, dans un entretien avec l'AFP. Israël a annoncé dimanche la fin prochaine des activités de MSF dans la bande de Gaza après son refus de fournir la liste détaillée de ses employés palestiniens.

« Rien qu'en 2025, nous avons assuré plus de 800.000 consultations ambulatoires, traité plus de 100.000 cas de traumatismes et fourni plus de 700 millions de litres d'eau » dans ce territoire palestinien, a déclaré M. Lockyear, dans un entretien vidéo réalisé au siège de cette ONG à Genève. « Nous sommes à un moment où le peuple palestinien a besoin de plus d'aide humanitaire et non moins », a-t-il ajouté.

Israël a durci les conditions d'exercice des organisations humanitaires. En décembre, les autorités avaient prévenu que 37 ONG ne seraient plus autorisées à opérer dans la bande de Gaza à partir du 1er mars. Une directive de mars 2025 impose désormais un contrôle strict sur le personnel palestinien des organisations internationales. M. Lockyear a expliqué que MSF n'avait pas pu « acheminer de fournitures médicales dans la bande de Gaza depuis la fin de l'année dernière (décembre 2025), depuis que nous avons reçu l'avertissement des 60 jours émis par les autorités israéliennes ».

Le ministère israélien de la Diaspora et de la lutte contre l'antisémitisme, responsable de l'enregistrement des organisations humanitaires, a précisé dimanche dans un communiqué que MSF devrait quitter le territoire palestinien « d'ici au 28 février ». Le ministère avait auparavant affirmé que deux employés de l'ONG avaient des liens avec les mouvements islamistes palestiniens Hamas et Jihad islamique, ce que MSF nie fermement.

« Campagne orchestrée »

MSF a réagi à l'annonce israélienne en dénonçant « un prétexte pour empêcher l'aide humanitaire » dans ce territoire palestinien, dévasté par deux ans de guerre entre Israël et le Hamas. « Il s'agit d'un choix impossible qui nous a été imposé, ainsi qu'à d'autres organisations humanitaires, et qui, comme on pouvait s'y attendre, nous place dans cette situation. Nous sommes contraints de choisir entre la sécurité de notre personnel et notre capacité à soigner les patients", a déploré M. Lockyear.

MSF avait annoncé vendredi avoir initialement accepté, « à titre exceptionnel », de transmettre ces noms, avant de se rétracter faute de garanties sur la sécurité de ses employés. Selon l'ONG, depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023, 1.700 membres du personnel de santé ont été tués dans la bande de Gaza, dont 15 employés de MSF.

M. Lockyear a expliqué que MSF tentait de dialoguer depuis mars 2025 « avec le gouvernement israélien au sujet de ces listes » de noms des personnes employées par les ONG afin de comprendre ce que signifient ces listes et pour savoir quelles assurances elle peut obtenir pour garantir la sécurité de son personnel tout en continuant à apporter une aide médicale indépendante. « Nous avons pleinement le droit, l'obligation et le besoin d'obtenir ces garanties », a-t-il insisté. « Or, la semaine dernière, il est devenu évident que nous n'obtiendrons pas ces garanties quant à la sécurité de notre personnel », a-t-il affirmé.

M. Lockyear a également dénoncé la « campagne orchestrée » ces derniers mois pour « délégitimer » MSF et appelle la communauté internationale à dialoguer avec Israël et faire pression sur ce pays « afin d'obtenir la levée de toute interdiction visant les organisations humanitaires ».

L'arrêt des activités de Médecins sans frontières dans la bande de Gaza aura « des conséquences catastrophiques » pour la population, a alerté lundi le secrétaire général de l'ONG, Christopher Lockyear, dans un entretien avec l'AFP. Israël a annoncé dimanche la fin prochaine des activités de MSF dans la bande de Gaza après son refus de fournir la liste détaillée de ses employés palestiniens.« Rien qu'en 2025, nous avons assuré plus de 800.000 consultations ambulatoires, traité plus de 100.000 cas de traumatismes et fourni plus de 700 millions de litres d'eau » dans ce territoire palestinien, a déclaré M. Lockyear, dans un entretien vidéo réalisé au siège de cette ONG à Genève. « Nous sommes à un moment où le peuple palestinien a besoin de plus d'aide humanitaire et non moins »,...