Des militantes participent à une manifestation contre les féminicides place du Président Edouard Herriot, près de l'Assemblée nationale à Paris, le 5 février 2025. Photo archives Sandrine Laure Dippa / Hans Lucas via AFP
Marina, Ingrid, Elvira, Yvette... Un hommage a été rendu jeudi à Paris à des femmes tuées par leur compagnon ou ex-compagnon à l'appel de l'Union nationale des familles de féminicides (UNFF) qui a exhorté l'ensemble de la population à agir contre ce fléau. Une dizaine de personnes se sont rassemblées à la mi-journée place de la République en brandissant des pancartes sur lesquelles étaient inscrits les noms de plusieurs femmes tuées en janvier 2025, premier mois d'un Calendrier rouge lancé par l'UNFF en mémoire des victimes.
« Ces femmes ne sont pas que des numéros, elles avaient un prénom, elles avaient une histoire et elles avaient des familles comme nous », a déclaré à l'AFP la présidente de l'UNFF, Sandrine Bouchait, dont la soeur a été tuée en 2017 par son conjoint. La lutte contre les violences faites aux femmes « était la grande cause » des quinquennats d'Emmanuel Macron et « on a bien vu que ce n'était pas suffisant pour faire baisser les chiffres », a-t-elle ajouté, citant la hausse de 11% des féminicides conjugaux enregistrée entre 2023 et 2024.
Au-delà du gouvernement, il faut une mobilisation de l'ensemble de la société, a-t-elle estimé. « Dénoncer des violences, ce n'est pas faire de la délation, c'est informer et informer, c'est sauver des vies (...) Chaque fois qu'il y a un féminicide, il y avait des gens qui savaient », a-t-elle insisté. En 2025, 98 femmes ont été tuées par leur compagnon ou leur ex-compagnon selon l'UNFF. Les derniers chiffres du ministère de l'intérieur, qui portent sur l'année 2024, font état de 107 femmes victimes de féminicides conjugaux.
Face aux critiques, le gouvernement a, à plusieurs reprises, assuré que sa mobilisation était « totale », mettant en avant les dispositifs déployés depuis l'arrivée à l'Elysée d'Emmanuel Macron, en 2017 (ordonnances de protection, bracelets antirapprochement ...). Pour Sandrine Bouchait, il est urgent d'aller plus loin, notamment en matière de protection des enfants, en étendant aux enfants majeurs le protocole de protection des mineurs ayant perdu leur mère dans un féminicide.


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