Des voyageurs traversant l'un des halls de l'aéroport international Rafic Hariri en janvier 2024. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
La Sûreté générale (SG) a déclaré mercredi avoir arrêté dimanche quatre citoyens turcs à l'aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth (AIB), suspectés d'avoir monté un réseau organisé pour faire passer de la drogue de Turquie vers l’Arabie saoudite.
« La Sûreté générale de l'AIB a arrêté quatre citoyens turcs [trois hommes et une femme] alors qu'ils tentaient d'entrer sur le territoire libanais à bord d'un vol en provenance d'Istanbul... Sur la base de soupçons liés à des va-et-vient répétés à Beyrouth, et sur instruction des autorités judiciaires compétentes, les détenus ont fait l'objet d'enquêtes de sécurité ayant révélé qu'ils avaient mis en place un réseau organisé pour faire transiter, via le Liban, des stupéfiants de Turquie vers le royaume d'Arabie saoudite, en coordination avec des tierces parties, en échange d'une compensation financière », indique le communiqué de la SG publié sur X.
« Les enquêtes ont fourni des preuves confirmant leur implication directe dans des opérations de contrebande. Les suspects et la marchandise saisie ont été remis aux autorités compétentes », peut-on lire.
Hajjar : Le Liban n’est pas une plateforme pour le trafic
Réagissant à l’arrestation des quatre individus, le ministre de l’Intérieur Ahmad el-Hajjar, ministre de tutelle de la SG, s’est félicité « de l’opération qualitative qui a permis l’arrestation d’un réseau de trafic de drogue à l’AIB », louant « les efforts fournis par les forces de sécurité, notamment la direction générale de la SG, en vue de lutter contre le trafic de drogue ».
« Le Liban ne sera à aucun moment une plateforme ou un point de passage pour le trafic de drogue vers les pays frères ou amis, en particulier l'Arabie saoudite, et ne permettra pas que son territoire soit utilisé pour nuire à la sécurité des communautés arabe et internationale », a ajouté M. Hajjar.
L'armée libanaise et les services de sécurité ont intensifié leur lutte contre le trafic de drogue ces derniers mois sous la pression des États du Golfe et des États-Unis.
Le trafic de drogue a déjà nui aux relations entre le Liban et l'Arabie saoudite par le passé. Ce pays avait suspendu ses échanges commerciaux avec le Liban en 2021, lorsque les autorités saoudiennes avaient interdit l'entrée de fruits et légumes en provenance du pays du Cèdre après l'interception de plusieurs cargaisons contenant du Captagon, une drogue de synthèse. A la suite des efforts déployés par les autorités libanaises dans l’objectif de lutter contre le trafic de drogue, et avec l'aide des nouvelles autorités syriennes proches de l'Arabie saoudite (après la chute du régime Assad en décembre 2024), le royaume a promis dernièrement de renforcer à nouveau ses liens commerciaux avec le Liban.



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