Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Gaza

Le Hamas souhaite un rôle pour sa police à Gaza avant les discussions sur son désarmement


Des membres des Brigades Ezzeddine al-Qassam, la branche armée du Hamas, assistent aux funérailles de deux combattants à Gaza le 24 janvier 2025. Photo Omar al-Qattaa/AFP

Le Hamas cherche à intégrer ses 10 000 policiers dans une nouvelle administration palestinienne pour Gaza, soutenue par les États-Unis, rapporte l'agence Reuters. Une exigence qui devrait se heurter à l’opposition d’Israël alors que le groupe islamiste débat autour de l’abandon de ses armes.

Le Hamas conserve le contrôle d’un peu moins de la moitié de Gaza après un accord de cessez-le-feu conclu en octobre sous l’égide du président américain, Donald Trump. Cet accord conditionne de nouveaux retraits de troupes israéliennes à la remise des armes par le Hamas. Le plan en 20 points visant à mettre fin à la guerre, actuellement dans sa deuxième phase, prévoit le transfert de la gouvernance de Gaza au Comité national pour l’administration de Gaza (CNAG), une instance technocratique palestinienne placée sous supervision américaine, censée exclure le Hamas.

Coopération avec le CNAG

Dans une lettre adressée dimanche à ses employés, consultée par Reuters, le gouvernement dirigé par le Hamas à Gaza a exhorté ses plus de 40 000 fonctionnaires et membres des forces de sécurité à coopérer avec le CNAG, tout en leur assurant qu’il œuvrait pour leur intégration au sein du nouveau gouvernement. Cela inclurait la force policière d’environ 10 000 membres sous contrôle du Hamas, selon quatre sources proches du dossier. Beaucoup d’entre eux continuent de patrouiller à Gaza alors que le mouvement islamiste renforce sa présence dans les zones qu’il contrôle.

On ignore pour l’heure si Israël, qui a catégoriquement rejeté toute implication du Hamas dans l’avenir de Gaza, accepterait que les fonctionnaires civils et sécuritaires soient inclus dans le CNAG. Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n’a pas répondu à une demande de commentaire.

Le porte-parole du Hamas, Hazem Kassem, a déclaré à Reuters que le groupe était prêt à transférer immédiatement la gouvernance au CNAG composé de 15 membres, présidé par Ali Chaath. « Nous avons toute confiance que la commission opérera en s’appuyant sur du personnel qualifié et ne lésera aucun des employés ayant travaillé durant la période précédente », a déclaré Kassem, évoquant l’intégration des 40 000 personnes concernées. Les quatre sources indiquent que le Hamas est ouvert à une restructuration des ministères par le CNAG et à l’envoi de certains employés à la retraite. Des licenciements massifs risqueraient de semer le chaos, précisent-elles.

Le Hamas et le président du CNAG, Ali Chaath, ne se sont pas encore rencontrés en personne pour discuter de la gouvernance, selon un responsable du Hamas. Le bureau d'Ali Chaath n’a pas répondu à une demande de commentaire. Un autre point en suspens concerne les capacités de Sami Nasman, l’ancien général de l’Autorité palestinienne nommé pour superviser la sécurité sous le CNAG, selon un responsable palestinien. Nasman, originaire de Gaza, a déménagé en Cisjordanie occupée après que le Hamas a évincé les forces de l’Autorité palestinienne de l’enclave en 2007 au terme d’une brève guerre civile. Un tribunal du Hamas à Gaza l’a ultérieurement condamné par contumace pour incitation au chaos, des faits niés par Nasman.

Neutralisation des armes

L’administration Trump souhaite un démantèlement immédiat des armes lourdes, avec « enregistrement des armes personnelles et désarmement progressif par secteur à mesure que la police du CNAG sera en capacité de garantir la sécurité individuelle », selon un document communiqué la semaine dernière par la Maison-Blanche. Un responsable américain a déclaré mardi que les combattants du Hamas bénéficieraient d’une forme d’amnistie. Le groupe armé détiendrait encore des roquettes, estimées à plusieurs centaines par différents diplomates. Il posséderait également des milliers d’armes légères, notamment des fusils.

Selon des sources, le Hamas a récemment accepté de discuter du désarmement avec d’autres factions palestiniennes et avec des médiateurs. Toutefois, deux responsables du Hamas ont indiqué à Reuters qu’aucune proposition détaillée ou concrète de désarmement ne leur avait été présentée par Washington ou les médiateurs.

Un responsable palestinien proche des discussions sur le désarmement a déclaré que les États-Unis avaient approché le Hamas pour explorer les mécanismes potentiels du désarmement réunissant Israël, le Qatar, l’Égypte et la Turquie. « Le Hamas a évoqué la possibilité de neutraliser les armes, ce qui pourrait être envisagé s’il y a une trêve, et il est prêt pour un cessez-le-feu de longue durée — cinq ans, voire un peu plus », a-t-il déclaré. « Mais le Hamas estime fermement qu’un processus politique sérieux doit démarrer sur la question de l’État palestinien, afin que les armes et les combattants relèvent de l’autorité de l’État de Palestine », a-t-il ajouté.

Le Hamas n’est pas le seul groupe armé à posséder des armes dans l’enclave. Un membre d’une faction alliée au Hamas à Gaza a confié que d’autres groupes discutaient également du désarmement mais craignaient de se retrouver sans défense. Dans une allocution devant le parlement lundi, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré que la prochaine phase de l’accord sur Gaza « n’est pas la reconstruction ». Il a ajouté : « La prochaine étape, c’est la démilitarisation de la bande de Gaza et le désarmement du Hamas. »

Cette information est une traduction en français d'une dépêche de l'agence Reuters.

Le Hamas cherche à intégrer ses 10 000 policiers dans une nouvelle administration palestinienne pour Gaza, soutenue par les États-Unis, rapporte l'agence Reuters. Une exigence qui devrait se heurter à l’opposition d’Israël alors que le groupe islamiste débat autour de l’abandon de ses armes.Le Hamas conserve le contrôle d’un peu moins de la moitié de Gaza après un accord de cessez-le-feu conclu en octobre sous l’égide du président américain, Donald Trump. Cet accord conditionne de nouveaux retraits de troupes israéliennes à la remise des armes par le Hamas. Le plan en 20 points visant à mettre fin à la guerre, actuellement dans sa deuxième phase, prévoit le transfert de la gouvernance de Gaza au Comité national pour l’administration de Gaza (CNAG), une instance technocratique palestinienne placée sous...