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Dernières Infos - Droits Humains

Amnesty dénonce l'extradition « forcée » par Alger d'un opposant tunisien


L'opposant tunisien Seifeddine Makhlouf. Photo FETHI BELAID/Getty Images/AFP

Amnesty International a dénoncé lundi le renvoi « forcé » par l'Algérie de l'opposant tunisien Seifeddine Makhlouf vers son pays, malgré son statut de demandeur d'asile auprès du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Amnesty a accusé Alger, proche allié de Tunis, d'avoir « bafoué ses obligations en vertu du droit international relatif aux droits humains » en remettant M. Makhlouf aux autorités tunisiennes.

Et ce « sans lui donner la moindre possibilité de contester cette décision, ni évaluer les risques auxquels il est exposé en Tunisie, notamment ceux d’une détention arbitraire prolongée et d'un procès inique », a ajouté l'organisation. Ancien député connu pour son discours radical, Seifeddine Makhlouf est l'un des dirigeants de la formation islamo-nationaliste Al-Karama.

Critique virulent du président tunisien Kais Saied et visé par des poursuites, il s'est réfugié en Algérie en juillet 2024 selon Amnesty. Il a été condamné par contumace en janvier 2026 à cinq ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l'Etat », d'après des médias tunisiens citant des sources judiciaires. Le 18 janvier, il a été extradé par les autorités algériennes vers la Tunisie. Dès son retour, il a été emprisonné. Des photos de lui menotté à la frontière tunisienne ont été largement partagées sur les réseaux sociaux.

Amnesty a estimé que les autorités algériennes devaient « préciser les fondements juridiques » de son renvoi. « Cette décision est particulièrement alarmante compte tenu de la répression croissante contre l'opposition en Tunisie, où la justice est de plus en plus souvent instrumentalisée dans le but de réduire l'opposition au silence », a-t-elle affirmé.

L'ONG a demandé l'annulation des décisions de justice rendues en son absence et réclamé un nouveau procès « équitable ». M. Makhlouf avait fait l'objet de plusieurs poursuites judiciaires depuis 2021. En 2023, il a été condamné à 14 mois de prison par un tribunal militaire pour insulte envers des policiers.

Depuis le coup de force du président Kais Saied, qui s'est arrogé tous les pouvoirs depuis juillet 2021, plusieurs figures de l'opposition ont été arrêtées et par la suite condamnées à de lourdes peines de prison, notamment pour « complot » contre l'Etat.

Amnesty International a dénoncé lundi le renvoi « forcé » par l'Algérie de l'opposant tunisien Seifeddine Makhlouf vers son pays, malgré son statut de demandeur d'asile auprès du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Amnesty a accusé Alger, proche allié de Tunis, d'avoir « bafoué ses obligations en vertu du droit international relatif aux droits humains » en remettant M. Makhlouf aux autorités tunisiennes.Et ce « sans lui donner la moindre possibilité de contester cette décision, ni évaluer les risques auxquels il est exposé en Tunisie, notamment ceux d’une détention arbitraire prolongée et d'un procès inique », a ajouté l'organisation. Ancien député connu pour son discours radical, Seifeddine Makhlouf est l'un des dirigeants de la formation...