Le député de la contestation Mark Daou, qui fait partie des signataire de la série de question envoyée à plusieurs membres du gouvernement le 23 janvier 2026. Photo d'archives Ani
Cinq députés libanais issus de la contestation – Mark Daou, Paula Yacoubian, Michel Douaihy, Firas Hamdan et Halimé Kaakour – ont adressé une série de questions au gouvernement concernant des procédures judiciaires lancées en France sur une affaire présumée de détournement de fonds survenue ces dernières années, impliquant une acquisition réalisée par Bank Audi, sans plus de détails.
La série de question est adressée au Premier ministre Nawaf Salam, au ministre des Finances Yassine Jaber, au ministre de la Justice Adel Nassar, au gouverneur de la Banque du Liban (BDL) Karim Souhaid, ainsi qu'à la commission de contrôle des banques, l'Inspection centrale et « les parquets compétents ».
Les députés demandent notamment si les autorités libanaises ont pris les mesures légales et de contrôle nécessaires, d'examiner « l'usage éventuel d’entités offshore » et la dissimulation de l’identité du « bénéficiaire effectif » des opérations suspectes dont il est question, ou encore d'identifier « les risques pour la lutte contre le blanchiment d’argent », alors que le Liban est toujours sur la « liste grise » du Groupe d'action financière (GAF), où il a été réinscrit en 2024.
Les députés veulent aussi « savoir si la Banque du Liban, la Commission de contrôle des banques et l’Inspection spéciale ont procédé à un examen de la transaction et ont agi dans le cadre de leurs compétences » et s'enquièrent sur le rôle joué « par le ministère de la Justice et des parquets pour assurer la coopération judiciaire internationale et l’échange d’informations avec les autorités françaises, afin de protéger les intérêts du Liban et de garantir que l’État ne reste pas simple spectateur de dossiers traités à l’étranger sans suivi interne strict ». Le communiqué n'est pas plus précis sur les affaires qui intéressent les députés.
Courant janvier, Karim Souhaid s'est rendu en France où il a eu une série de réunions avec la juge d’instruction française Clémence Olivier à Paris pour « échanger des informations extrêmement sensibles » liées aux poursuites judiciaires concernant la BDL. Celles-ci concernent plusieurs affaires de détournements présumés de ses fonds survenues ces dernières années, dont celles impliquant la société Forry Associates, dans laquelle l’ex-gouverneur Riad Salamé et certains membres de sa famille sont poursuivis au Liban et à l’étranger.
Quelques jours plus tôt, le gouverneur Souhaid avait tenu une conférence de presse pendant laquelle il avait annoncé ce déplacement en France, ainsi que le fait que la Banque centrale allait se joindre aux poursuites dans plusieurs affaires de détournements présumés de ses fonds depuis le début de la crise.
Si le gouverneur n’a pas été plus précis selon nos informations, cette démarche entrerait dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte en septembre dernier par le Parquet national financier (PNF) à Paris contre l’ancien Premier ministre Nagib Mikati et ses proches, sur la base d’une plainte d’associations anticorruption qui visait les conditions d’entrée des frères Mikati au capital de Bank Audi en 2010 et les conditions d’obtention de 300 millions de dollars de crédits consentis par la banque elle-même.


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