L'ex-banquière Rana Koleilat, connue pour son implication dans le scandale de la banque al-Madina, au début des années 2000. Photo tirée de X.
L’avocat de Jad Nehmé, un changeur impliqué dans l’affaire Rana Koleilat et arrêté par le parquet pour suspicion de vente de biens-fonds par des procurations présumées falsifiées, a publié jeudi un communiqué dans lequel il plaide l’innocence de son client. Selon Me Michel Hélou, « il n’existe aucune opération de falsification dans les ventes prétendument réalisées par faux et usage de faux ».
L’affaire avait été révélée il y a quelques mois, après que les enfants de Jamil Ibrahim, un homme d’affaires de 91 ans établi au Brésil, eurent déposé une plainte auprès du parquet d’appel de Beyrouth. Ils accusent Mme Koleilat, déjà impliquée dans le scandale de fraude ayant conduit à la faillite de la banque al-Madina en 2003 et réfugiée au Brésil, d’avoir dirigé un réseau qui s'est approprié des biens immobiliers appartenant à leur père.
Selon l’enquête du parquet, Rana Koleilat aurait convaincu Jamil Ibrahim de signer des procurations de vente, avant de les transmettre à des complices au Liban, qui auraient, pour disposer des biens concernés, falsifié certaines procurations en rayant des mentions officielles limitant les transactions sur les biens-fonds.
Interrogés par le parquet, Jad Nehmé, ainsi que trois autres personnes, dont la secrétaire de M. Ibrahim et le neveu de Mme Koleilat, sont actuellement en état d'arrestation. Depuis décembre, leur dossier est suivi par la première juge d’instruction de Beyrouth, Roula Osman.
Dans son communiqué, l’avocat de Jad Nehmé précise que « la falsification alléguée consiste en l’ajout d’une mention à deux procurations dûment établies chez un notaire au Liban, ajout effectué de la main même de Jamil Ibrahim ». Il ajoute que « cette mention n’altère en rien l’essence des procurations et n’accorde aucun droit supplémentaire à mon client, si ce n’est la possibilité de lever une interdiction de disposer que Jamil Ibrahim avait lui-même apposée afin d’empêcher ses enfants de disposer de ses biens ».
Me Hélou a également dénoncé les accusations des enfants de M. Ibrahim, qui affirment que leur père aurait été « kidnappé au Brésil », alors qu’ils ne se seraient jamais rendus dans ce pays pour s’enquérir de son état. Il a souligné que Jamil Ibrahim « est en contact avec de nombreuses personnes au Liban » et que les biens en question ont été acquis légalement.


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