Le siège d'EDL à Beyrouth, le 22 novembre 2022. Photo Philippe HAGE BOUTROS/L'Orient-Le Jour
Le procureur général près la Cour de cassation Jamal Hajjar a entendu pendant quatre heures Karim Khayat, président de Middle East Power (MEP) – une compagnie libanaise chargée d’opérer les centrales électriques de Zouk et de Jiyé, dans le cadre de l’enquête ouverte à son encontre ainsi que contre Yahia Maouloud, directeur d’exploitation de la société, rapporte mardi l'Agence nationale d'information (ANI, officielle). Les deux hommes sont soupçonnés de falsification et de dilapidation de fonds publics dans l’exécution du contrat de maintenance des centrales thermiques de Jiyé et Zouk.
À l’issue de l’audience, le juge Hajjar a décidé de maintenir Karim Khayat sous contrôle judiciaire et de lui interdire de quitter le pays, tandis que Yahia Maouloud sera convoqué pour interrogatoire dans les prochains jours.
Le bras de fer entre Karim Khayat et Électricité du Liban (EDL) a éclaté autour de soupçons de falsification de documents et de détournement de fonds publics liés à l’exploitation et à la maintenance des centrales de Zouk et de Jiyé. EDL accuse MEP d’avoir présenté de faux rapports pour obtenir le paiement de plusieurs millions de dollars, tandis que Khayat dénonce une campagne médiatique orchestrée par le fournisseur public pour l’écarter des futurs contrats. L’affaire a pris une dimension médiatique via la chaîne al-Jadeed, détenue par le père de Karim Khayat, où les deux parties s’accusent mutuellement d’influencer la justice et de manipuler l’opinion. Le dossier judiciaire, ouvert depuis octobre dernier, implique également la société allemande Everllence, dont des documents auraient été falsifiés, et met en lumière un conflit persistant sur la gestion des centrales électriques au Liban et l’usage des fonds publics.

