Le PM libanais Nawaf Salam et le chef des opérations humanitaires de l'ONU, Tom Fletcher, à Davos, le 20 janvier 2026. Photo tirée du compte X de la présidence du Conseil des ministres.
Le Premier ministre Nawaf Salam a participé mardi après-midi à une session de dialogue au Forum de Davos sur l’avenir du Moyen-Orient, au cours duquel il a présenté les progrès réalisés au Liban pendant l’année écoulée sur les fronts des réformes et du monopole d’État sur les armes, rapporte l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).
M. Salam a notamment souligné que « c’est la première fois depuis 1969 que l’État libanais exerce seul le contrôle opérationnel sur la région au sud du Litani ». « Le gouvernement est déterminé à poursuivre la reconstruction de l’État et à restaurer la confiance des Libanais et de la communauté internationale », a-t-il également assuré.
Il s'exprimait devant les représentants du président des États-Unis pour le Moyen-Orient, Jared Kushner et Steve Witkoff, ainsi que du Premier ministre du Qatar, du Premier ministre de l’Autorité palestinienne, du ministre des Affaires étrangères d’Arabie Saoudite et des ministres des Finances d’Égypte et de Bahreïn.
L'armée libanaise a entamé depuis septembre dernier un plan en cinq phases visant à restaurer le monopole de l’État sur les armes à travers l’ensemble du territoire national. Les militaires ont achevé le démantèlement de l’infrastructure du Hezbollah au sud du Litani, mais ce dernier refuse de remettre ses armes au nord du Litani tant qu’Israël continue de bombarder le Liban et maintient une présence dans le Sud. L’armée a également commencé à désarmer les factions palestiniennes, en particulier le Fateh jusqu’à présent.
En marge du Forum, M. Salam a multiplié mardi les rencontres stratégiques, avec responsables onusiens et chefs d’entreprises internationales pour aborder à la fois la crise des réfugiés syriens et les opportunités d’investissement au Liban. Avec le chef des opérations humanitaires de l'ONU, Tom Fletcher, il a « examiné la situation humanitaire au Liban, notamment dans les zones touchées par la guerre et celles accueillant le plus grand nombre de réfugiés syriens », a souligné sur X la présidence du Conseil des ministres. « Ils ont étudié les moyens de renforcer la coordination et la coopération avec le gouvernement libanais afin d'assurer la continuité de l'aide humanitaire et son adéquation avec les priorités nationales », a ajouté le communiqué, précisant que « les deux parties ont souligné l'importance d'une transition progressive des interventions d'urgence vers des approches plus durables ».
Le 5 janvier dernier, l’ONU annonçait sur son site l’adoption de son budget 2026, en forte baisse par rapport à l’année dernière. L’organisation onusienne dispose pour cette année d’un budget de 3,4 milliards de dollars, en baisse de plus de 7 % par rapport à l’exercice précédent. Les États membres ont également validé la suppression d'environ 2 400 postes, scellant l’un des arbitrages budgétaires les plus serrés de ces dernières années, souligne l'ONU, indiquant que le budget 2026 « reflète un compromis fragile, mêlant discipline financière, concessions politiques et préservation des capacités opérationnelles de l’ONU ». Cette baisse se répercute notamment sur le soutien onusien au Liban, notamment aux populations libanaises précarisées par la guerre et la crise, ainsi qu’aux réfugiés syriens. Elle s'est également traduite dans la réduction progressive des effectifs des Casques bleus au Liban, en raison des coupes budgétaires et de la fin annoncée de son déploiement.
M. Salam s'est aussi entretenu avec le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Bahram Saleh, en présence des ministres des Finances Yassine Jaber, et de l’Économie et du Commerce Amer Bsat. La discussion a porté sur la situation des réfugiés syriens et la coordination entre le Liban, le Haut-Commissariat et les autres agences internationales concernées, visant à garantir un retour sûr et digne dans leur pays. Les échanges ont aussi abordé les chiffres du retour en 2025, qui ont dépassé les 500 000 réfugiés rentrés en Syrie. Les deux parties ont réaffirmé leur « engagement à poursuivre le travail conjoint pour maintenir cet élan ».
Il y a dix jours la ministre libanaise des Affaires sociales Hanine el-Sayyed avait affirmé que « pour la première fois depuis le début de la crise des réfugiés syriens en 2011, le Liban peut démontrer chiffres à l’appui la réalité des retours » des Syriens dans leurs pays. « Durant l’année 2025, les autorités ont documenté le retour effectif de 501 603 déplacés syriens, un accomplissement sans précédent, rendu possible grâce à un travail gouvernemental organisé et ciblé, ainsi qu’à une politique claire », avait-elle aussi indiqué.
En marge de sa participation au Forum économique mondial de Davos, M. Salam a aussi rencontré plusieurs dirigeants d'entreprises internationales, notamment le président du conseil d'administration de Consolidated Contractors Internationaal Company (CCC), Samer Khoury, le directeur général de PepsiCo pour l'Afrique, le Moyen-Orient et l'Asie du Sud, Eugene Willemsen, ainsi que le président du conseil d'administration de Menzies Aviation, Hassan el-Houry. Au cours de ces rencontres, les discussions ont porté sur les opportunités d'investissement disponibles au Liban, ainsi que sur les moyens d'encourager les investissements étrangers directs et de renforcer le partenariat entre les secteurs public et privé. M. Salam a réaffirmé « la volonté du gouvernement libanais d'offrir les facilités et les incitations nécessaires pour encourager les investissements, afin de contribuer à la création de nouveaux emplois et à la relance de l'économie ».


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