Des vaches dans une ferme au Liban. Photo d'illustration Philippe Hage Boutros/L'Orient-Le Jour
Le ministère de l’Agriculture a annoncé lundi que des cas de fièvre aphteuse ont été confirmés parmi du bétail introduit illégalement au Liban. Selon le ministère, le sous-type du virus identifié est lié à des souches circulant dans la région, notamment en Turquie et en Azerbaïdjan, et ne présente aucun lien avec les importations légales en provenance d’Égypte.
Dans un communiqué, le ministère indique que « les analyses préliminaires d’échantillons d’animaux infectés, envoyés au laboratoire de référence mondial de Pirbright au Royaume-Uni, ont mis en évidence la présence du sérotype SAT1 du virus de la fièvre aphteuse, ainsi que du sous-type III (topotype III) ». « Ce sous-type est génétiquement lié à des souches précédemment signalées dans certains pays de la région, tels que la Turquie et l’Azerbaïdjan, et n’a aucun lien avec la République arabe d’Égypte », précise le texte. Le ministère affirme ainsi que l’introduction du virus au Liban s’est faite par « la contrebande illégale de bétail », et non par les circuits officiels d’importation de bovins et d’autres animaux d’élevage.
En décembre dernier, des sources du ministère de l’Agriculture estimaient que le virus de la fièvre aphteuse, qui se propageait au Liban depuis deux mois déjà, aurait été introduit par des troupeaux entrés illégalement depuis la Syrie, mais ces données n'avaient pas été confirmées. Le syndicat des vétérinaires qualifiait alors la maladie de « danger majeur pour le cheptel pouvant entraîner des pertes économiques et sanitaires considérables », plaidant même pour décréter « l’état d’urgence » face à ce virus.
Cette maladie hautement contagieuse et non transmissible aux humains, touche principalement les animaux à sabots fendus, les vaches, les chèvres et les moutons. Elle provoque des boutons dans la bouche et sur les sabots, de la fièvre, une perte d’appétit et une mastite (inflammation du tissu mammaire) douloureuse. Elle est surtout mortelle pour les animaux les plus jeunes en raison de leur faible immunité. En décembre dernier, la fièvre aphteuse avait essentiellement touché des élevages dans le Nord, la Békaa et Baalbeck-Hermel. Le Liban-Sud était moins touché. Il s’agit d’une nouvelle souche pour laquelle il n’existe à ce jour pas de vaccin au Liban.
Face à la situation, le ministère de l’Agriculture appelle à une « vigilance accrue » et au « renforcement des mesures vétérinaires préventives » dans l’ensemble des exploitations d’élevage, afin de protéger les bovins, les ovins et les caprins, et de garantir la sécurité sanitaire de la production locale. Il assure suivre quotidiennement l’évolution de la situation, veiller à l’application des directives vétérinaires et adapter les protocoles de prévention conformément aux recommandations des laboratoires internationaux.

