Photo d'illustration Mohammed Mahjoub/AFP
L'Autorité électorale en Égypte a annoncé samedi les résultats définitifs des élections législatives, les partis proches du pouvoir remportant la quasi-totalité des sièges à l'Assemblée nationale.
Dans le pays le plus peuplé du monde arabe, les élections se déroulent selon un mode de scrutin mixte : près de la moitié des sièges sont alloués à la proportionnelle sur la base des listes présentées par les partis, l'autre moitié revenant à des candidatures individuelles. Par ailleurs, 5% des députés sont nommés directement par le président de la République. Un quart des sièges est réservé aux femmes.
Parmi les candidatures individuelles, les trois principaux partis de la coalition progouvernementale, la Liste nationale pour l'Égypte, ont obtenu environ 27% des sièges, soit 164 sièges sur un total de 596, selon l'Autorité électorale. La majorité des autres sièges reviennent à de plus petits partis ou des candidats indépendants, également considérés comme proches du gouvernement. La Liste nationale pour l'Égypte regroupe 12 formations politiques, dont les trois principales sont le parti majoritaire Mostaqbal Watan, le parti Humat al-Watan et le Front national, parti fondé en décembre 2024 par un ancien ministre avec l'appui financier de l'homme d'affaires Ibrahim al-Organi, proche du président Abdel Fattah al-Sissi.
Les élections s'étaient tenues en novembre et l'Autorité électorale avait annulé les résultats du vote dans plus de 30 circonscriptions, où un deuxième vote avait été organisé.
Bien qu'elle soit officiellement dotée d'importantes prérogatives, l'Assemblée nationale a un pouvoir réduit, selon des observateurs, et ce en l'absence d'une réelle opposition et face à la domination de partis liés au pouvoir.
Selon les analystes, ces élections législatives revêtent une importance particulière puisqu'il s'agit des dernières avant la fin, en 2030, du troisième mandat de M. Sissi, censé être son dernier. À la faveur d'amendements constitutionnels adoptés en 2019, la durée du mandat présidentiel a été portée de quatre à six ans. Un nouveau Parlement qui reste largement acquis à M. Sissi pourrait l'aider à faire modifier de nouveau la Constitution pour prolonger son maintien au pouvoir.
Ancien chef de l'armée, M. Sissi a été porté au pouvoir après le renversement militaire de l'islamiste Mohammad Morsi, le premier président égyptien élu démocratiquement en 2013. Souvent critiqué pour son autoritarisme et son bilan en matière de droits humains, le pouvoir égyptien se targue d'avoir mené un dialogue national avec l'opposition. Mais selon plusieurs ONG, les prisons comptent des dizaines de milliers de prisonniers politiques, militants, journalistes et figures de l'opposition, ce que le gouvernement dément.
L'économie égyptienne est soumise à de fortes pressions après les multiples dévaluations de la monnaie locale et la forte hausse de la dette extérieure.


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