Un manifestant brandit une pancarte sur laquelle on peut lire « Mettez fin à l'impérialisme américain » lors d'une manifestation contre la récente opération américaine au Venezuela qui a abouti à la capture du président vénézuélien, devant l'ambassade des États-Unis à Pretoria, le 8 janvier 2026. Photo EMMANUEL CROSET / AFP
Un navire de guerre russe a rejoint vendredi, dans les eaux sud-africaines, des navires chinois et iraniens, ont constaté des journalistes de l'AFP, pour un exercice militaire des Brics+ qui risque de provoquer à nouveau la colère de Washington envers Pretoria, cible récurrente de ses critiques.
Ces manœuvres menées avec des adversaires des Etats-Unis, au moment où la relation entre les deux pays est au plus bas, doivent se tenir jusqu'au 16 janvier. Il s'agit d' « actions conjointes pour assurer la sécurité du transport maritime », d'après l'armée sud-africaine.
« Cela n'a absolument rien à voir avec le Venezuela », a indiqué à l'AFP un porte-parole du ministère sud-africain de la Défense en écartant tout lien avec les saisies de navires au large du Venezuela que Washington avait commencé dès décembre avant d'enlever le président Nicolas Maduro.
« Cet exercice était en préparation depuis 2025 et a été reporté en raison du sommet du G20 qui se tenait à la même période » à Johannesburg, a ajouté ce même porte-parole. Une tentative d'apaisement sans effet sur les Etats-Unis qui avaient boycotté ce premier sommet du groupe des vingt tenu en Afrique.
Le bloc de pays émergents que sont les Brics+ a été accusé par Donald Trump de mener des politiques « anti-américaines ».
L'exercice en cours, baptisé « Volonté de paix », est mené par la Chine, adversaire désigné par les Etats-Unis.
« Washington a Pretoria dans le collimateur depuis le début de l'actuelle administration Trump », estime auprès de l'AFP Priyal Singh, chercheur à l'Institut d'études sur la sécurité de Pretoria. « L'image véhiculée par les prochains exercices navals sera probablement utilisée par les décideurs politiques à Washington comme un exemple parfait montrant pourquoi les relations bilatérales avec l'Afrique du Sud doivent être révisées », a-t-il ajouté.
Les Emirats arabes unis devraient également envoyer des navires, a précisé le vice-ministre de la Défense, Bantu Holomisa, à la chaîne de télévision Newzroom Afrika jeudi.
D'autres pays des Brics+, comme l'Indonésie, l'Ethiopie et le Brésil, enverront des observateurs, a-t-il ajouté. Les autres membres du groupe sont l'Inde, l'Egypte et l'Arabie saoudite.
Le parti sud-africain de centre-droit Alliance démocratique (DA), allié de circonstances de l'ANC dans la coalition gouvernementale, a dénoncé des « exercices militaires qui contredisent (la) neutralité et nuisent à (la) réputation internationale » de Pretoria.


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