Le président français Emmanuel Macron fait un geste en prononçant un discours devant les ambassadeurs de France lors de la Conférence des ambassadeurs au palais de l'Élysée à Paris, le 8 janvier 2026. Photo Michel Euler / POOL / AFP
Le président français Emmanuel Macron a assuré, jeudi, que la France restait engagée auprès du Liban, notamment au niveau du soutien à l'armée libanaise et la relance économique du pays.
M. Macron a appelé « à bâtir un nouveau partenariat autour de la Méditerranée » et insisté sur «la force» de la politique de la France au Liban, « où nous continuerons en organisant les conférences pour les forces armées libanaises et pour la reprise économique au Liban ». Une conférence de soutien au Liban et à son armée doit se tenir en février sous le parrainage de la France, des États-Unis et de l'Arabie saoudite.
L’émissaire spécial de l’Élysée pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, a effectué en 2025 plusieurs déplacments à Beyrouth, pour accompagner et encourager le Liban à aller de l’avant sur les réformes exigées par la communauté internationale et, surtout, sur le chantier de désarmement du Hezbollah.
Le président français s'est par ailleurs penché sur le rôle de la Finul, la Force intérimaire des Nations unies au Liban, et des « structures de maintien de la paix », appelant à proposer de nouvelles initiatives à ce sujet. « Nous avons défendu, il y a quelques mois, la Finul, qui joue un rôle-clé au Liban, mais on voit bien une fatigue et une crise peut-être à l'oeuvre des grandes opérations de maintien de la paix », a déclaré Emmanuel Macron. « Ce moment doit être une opportunité pour nous Français et Européens, de proposer des instruments nouveaux, de proposer de retravailler avec les organisations régionales des nouvelles structures de maintien de la paix et d'être des opérateurs de nouvelles initiatives », a-t-il dit.
« Nouveau colonialisme et nouvel impérialisme »
M. Macron a par ailleurs dénoncé « le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme » dans les relations internationales, visant notamment la politique étrangère de Donald Trump qui « se détourne progressivement » de certains alliés et « s'affranchit des règles internationales ». Le président a défendu, en réponse à ce « monde qui se dérègle », ce qu'il appelle un « multilatéralisme efficace ». « Nous refusons le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme », mais « nous refusons aussi la vassalisation et le défaitisme », a-t-il dit.
« Nous évoluons dans un monde de grandes puissances avec une vraie tentation de se partager le monde », a-t-il ajouté. Une référence notamment au coup de force mené par Washington pour capturer le président vénézuélien Nicolas Maduro, et aux revendications répétées du président américain visant le Groenland. S'il a critiqué à la fois la Chine et son « agressivité commerciale de plus en plus désinhibée », et la Russie « puissance de déstabilisation » en Ukraine, ce sont ses commentaires sur les États-Unis qui ont été les plus marquants. Les États-Unis sont une puissance qui « se détourne progressivement de certains de ses alliés et s'affranchit des règles internationales qu'elle promouvait encore récemment », a déploré Emmanuel Macron, évoquant aussi une « agressivité néocoloniale » de plus en plus présente.
Il y a un an, le chef de l'État avait pourfendu une « internationale réactionnaire » soutenue par le milliardaire Elon Musk, mais avait défendu la nécessité pour la France et l'Europe de « savoir coopérer » avec Donald Trump. Cette année, il est allé plus loin dans la critique de la diplomatie trumpiste, sans néanmoins plaider la rupture avec la première puissance mondiale. Il a exhorté ses diplomates à ne pas se contenter d'être « les commentateurs » de ce que « font tous les autres », « les spectateurs de ce qui se détricote ». « C'est l'inverse ! On n'est pas là pour commenter, on est là pour agir ! », a-t-il martelé.
Alors que la France vient de prendre la présidence du G7 qui réunit aussi les États-Unis, l'Allemagne, l'Italie, le Royaume-Uni, le Japon et le Canada, il a réaffirmé vouloir en faire un rendez-vous pour combattre les «déséquilibres mondiaux» de manière « coopérative », notamment avec la Chine. Il a d'ailleurs prévenu que le G7 ne devait surtout pas devenir « un club anti-Brics », cet autre cénacle qui réunit les « grands émergents » comme le Brésil, la Russie, l'Inde ou la Chine. Au contraire, il a dit vouloir que le sommet du G7 en juin à Evian (Alpes françaises) soit l'occasion « enfin » d'essayer de faire « ensemble » avec les pays émergents « cette réforme de la gouvernance mondiale » et des Nations unies qui est devenue un vrai serpent de mer.

