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Dernières Infos - Liban-Sud

Raggi propose à Lacroix « d’étendre le rôle de la Finul au nord du Litani »

« Il n’y a aucune vérité dans ce que diffusent Israël et certains relais locaux au sujet du non-accomplissement par l’armée des missions qui lui sont confiées », dénonce le président Aoun.

Raggi propose à Lacroix « d’étendre le rôle de la Finul au nord du Litani »

Le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi recevant le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, le 7 janvier 2026. Photo ANI

Le chef de la diplomatie libanaise Joe Raggi a proposé mercredi au secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, « de tirer parti de la présence de la Finul durant la période restante de son mandat pour superviser l’application de la résolution 1701 au nord du Litani », alors que l'armée libanaise a bientôt finalisé l'application de son plan au sud du fleuve.

En visite au Liban, Jean-Pierre Lacroix a rencontré dans la journée plusieurs responsables, dont le président de la République Joseph Aoun et le président de la Chambre Nabih Berry, afin d’évoquer la phase de l’après-Finul, soit le retrait des Casques bleus, déployés dans le sud du pays depuis 1978, et dont le retrait doit débuter le 31 décembre 2026 en vue d’un départ complet d’ici fin 2027.

Lors de sa rencontre avec le haut responsable onusien, Joe Raggi a proposé « d’envisager de tirer parti de la présence de la Finul durant la période restante de son mandat pour surveiller l’application de la résolution 1701 au nord du Litani », alors que l'armée libanaise devrait bientôt procéder au désarmement du Hezbollah dans cette zone. Le ministre libanais a également souligné que cette résolution « ne se limite pas à la zone située au sud du fleuve », où la troupe est censée avoir achevé, à la fin de l’année 2025, la première étape de son plan de désarmer les milices sur l’ensemble du territoire libanais, conformément aux décisions gouvernementales d’août 2025 et à l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024. Le ministre a par ailleurs précisé que « l’État libanais est attaché au maintien d’une présence internationale dans le Sud après la fin de la mission de la Finul », ajoutant que plusieurs options sont à l’étude, dont « la possibilité de s’appuyer sur l’Organisme des Nations unies chargé de la surveillance de la trêve (ONUST), avec un renforcement de ses effectifs ». Joe Raggi a également salué « le rôle joué par la Finul et les sacrifices consentis par les Casques bleus au Liban ».

Depuis le palais Bustros, M. Lacroix a expliqué que sa visite visait à « prendre connaissance de la vision et des orientations du Liban pour l’après-Finul, ainsi qu’à garantir la mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, tout en soulignant « l’importance de parvenir à une formule claire à ce sujet dans les prochains mois ». La résolution 1701, qui sert de cadre à l’accord de trêve, prévoit la cessation des hostilités, le retrait des forces israéliennes, le déploiement de l’armée libanaise au sud du Litani ainsi que le désarmement de toute milice non étatique.

Aoun favorable à toute initiative de pays « souhaitant maintenir une présence militaire dans le Sud »

Plus tôt dans la journée, le président Joseph Aoun a reçu à Baabda M. Lacroix, à qui il a réitéré que « l’armée libanaise assume pleinement son rôle dans la région au sud du Litani, conformément à la décision du Conseil des ministres ». « Il n’y a aucune vérité dans ce que diffusent Israël et certains relais locaux au sujet du non-accomplissement par l’armée des missions qui lui sont confiées », a-t-il ajouté. Le chef de l’État a toutefois déploré que le déploiement complet de l’armée dans le Sud reste entravé par « l’occupation par les forces israéliennes de certaines collines, le non-respect par Israël des dispositions de la trêve, la poursuite de ses opérations hostiles contre le territoire libanais, ainsi que la détention de Libanais par Israël ».

Le chef de l'État a aussi affirmé que le Liban « accueillait favorablement toute initiative de pays souhaitant maintenir une présence militaire dans le Sud après le retrait de Finul », précisant que « les pays européens qui ont exprimé le souhait de maintenir certaines de leurs unités ont été informés de l'accueil favorable du Liban à une telle initiative ». Il a noté que « cette présence s'inscrit dans le cadre d’un dispositif convenu visant à soutenir l’armée libanaise », à « étendre l’autorité de l’État jusqu’aux frontières reconnues internationalement et à mettre en œuvre la résolution 1701 ».

Fin décembre, le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, avait indiqué que Rome souhaitait « maintenir ses forces au sud du fleuve Litani » après le retrait des Casques bleus, précisant que d’autres pays européens « partagent cette intention ». « Il est possible de s’entendre avec les pays concernés sur la formule selon laquelle ces forces opéreront, et le Liban accorde une importance majeure au rôle des Nations unies à cet égard », a souligné Joseph Aoun.

Le président Aoun a aussi salué le rôle joué par la Finul depuis son déploiement dans le Sud, ainsi que sa «coordination» avec l’armée libanaise, soulignant que les effectifs de la troupe ont « augmenté progressivement et atteignent désormais plus de 10 000 militaires, officiers, sous-officiers et soldats confondus ».

M. Lacroix a de son côté fait part à M. Aoun des résultats de sa visite au Sud la veille et des rencontres qu’il y a tenues avec les commandants de la Finul. Il a réitéré « le soutien continu des Nations unies à l’armée libanaise » et « la poursuite de la coordination dans toutes les étapes actuelles et futures concernant les forces internationales », affirmant « la disponibilité de l’ONU à appuyer toute formule susceptible de garantir la sécurité et la stabilité durables dans le Sud, et plus largement dans la zone d’opérations ». La Finul fait partie du comité de surveillance du cessez-le-feu de novembre 2024, qui a mis fin à la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël. Ce mécanisme est notamment chargé de veiller au respect de l’accord de la trêve et de garantir le démantèlement des infrastructures militaires du Hezbollah au sud du Litani.

À l’issue de sa rencontre avec le président de la Chambre, M. Lacroix a déclaré depuis Aïn el-Tiné que « la réunion a été positive » et indiqué avoir remercié M. Berry pour « son soutien à la Finul ». Les discussions ont également porté sur la situation générale au Liban et dans la région. M. Lacroix s'est aussi entretenu avec le Premier ministre Nawaf Salam et le commandant en chef de l'armée libanaise Rodolphe Haykal.

Le chef de la diplomatie libanaise Joe Raggi a proposé mercredi au secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, « de tirer parti de la présence de la Finul durant la période restante de son mandat pour superviser l’application de la résolution 1701 au nord du Litani », alors que l'armée libanaise a bientôt finalisé l'application de son plan au sud du fleuve.En visite au Liban, Jean-Pierre Lacroix a rencontré dans la journée plusieurs responsables, dont le président de la République Joseph Aoun et le président de la Chambre Nabih Berry, afin d’évoquer la phase de l’après-Finul, soit le retrait des Casques bleus, déployés dans le sud du pays depuis 1978, et dont le retrait doit débuter le 31 décembre 2026 en vue d’un départ complet...